Le blocage de l’Université Paris-Dauphine par ses étudiants est « tout fait exceptionnel. Cela ne s’était pas produit depuis plus de dix ans ! », s’exclame son président Bruno Bouchard. En ce 8 octobre, lors d’un entretien accordé à L'Express loin de son bureau temporairement inaccessible, il fait part de son inquiétude face à la crise qui secoue le monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
Un mouvement inédit depuis plus d'une décennie
Pour la première fois depuis dix ans, les locaux de l’université sont occupés par des étudiants. Ce blocage, qui a contraint le président à travailler à distance, illustre selon lui une dégradation profonde du climat dans les campus français. Bruno Bouchard souligne que cette situation ne relève pas d’un simple incident isolé, mais d’un symptôme d’un malaise plus large touchant la jeunesse et le monde universitaire.
Le président de Dauphine évoque plusieurs facteurs : le malaise des jeunes, la perte d’influence de la recherche française et la situation financière critique des universités. Autant de défis qui, selon lui, ne sont pas suffisamment pris en compte dans le débat public.
Un appel aux candidats à la présidentielle
Bruno Bouchard insiste : « Les candidats à la présidentielle doivent prendre à bras-le-corps les vrais sujets et ne plus se cantonner aux effets d’annonces contre-productifs. » Il déplore une tendance à privilégier les annonces symboliques au détriment de solutions structurelles. Pour lui, l’enseignement supérieur et la recherche doivent devenir des priorités de campagne, à la hauteur des enjeux de souveraineté et de compétitivité du pays.
Le président de Dauphine appelle ainsi à un débat de fond sur le financement des universités, la condition étudiante et la place de la recherche française dans le monde. Il espère que les prochaines échéances électorales permettront de remettre ces questions au centre de l’agenda politique.