PS en crise après le départ de Boris Vallaud, la primaire de la gauche en suspens
PS en crise après le départ de Boris Vallaud

Le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du Parti socialiste, annoncé en fin de semaine dernière, a plongé la formation politique dans une profonde tourmente. À moins d'un an de l'élection présidentielle, le PS se retrouve dans une impasse, tiraillé entre les partisans d'une primaire de la gauche non mélenchoniste et ceux qui rejettent cette idée.

Hollande enterre la primaire, Faure résiste

L'ancien président de la République, François Hollande, a tenté d'enterrer définitivement l'idée d'une primaire de la gauche, estimant que le claquement de porte de Boris Vallaud sonnait le glas de ce projet. « Il n'y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du Parti socialiste, c'est-à-dire les Écologistes, François Ruffin, Clémentine Autain et les autres. C'est fini, que chacun le comprenne bien », a-t-il déclaré dimanche sur France 3, ajoutant avec un sourire : « Et ça me va tout à fait ».

De son côté, Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, n'en démord pas. Lundi, il a une nouvelle fois défendu ce mode de départage, estimant qu'il était réclamé par 85 % des Français. « Je suis ouvert à tout processus pour la présidentielle, mais je veux une méthode commune pour parvenir à une candidature commune de la gauche et des écologistes. Je ne m'en détournerai pas », a-t-il affirmé sur France Info.

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Le départ de Vallaud, un coup d'arrêt pour la primaire

C'est en grande partie pour faire échec à cette primaire que Boris Vallaud a quitté la direction du parti. L'idée des deux hommes, que certains soupçonnent d'être alliés, est d'imposer une candidature socialiste aux autres partis de gauche. Mais pour les adversaires de cette « petite primaire », celle-ci aurait pour conséquence de tirer les lignes à gauche et rendrait difficile une union avec Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve.

À la place, Boris Vallaud a proposé hier sur France Inter de convoquer des rencontres de la « nouvelle gauche plurielle », réunissant Olivier Faure, Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin. L'objectif serait de « bâtir un projet commun », de « travailler ensemble à un contrat de gouvernement » et d'échafauder un « contrat de législature », circonscription par circonscription. « Nous n'avons pas le droit de nous diviser seulement pour un processus de désignation », a-t-il plaidé.

La peur d'un second tour RN-Mélenchon

La grande crainte des socialistes est désormais d'assister, impuissants, à un second tour de la présidentielle opposant un candidat du Rassemblement national à Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier, qui a déjà lancé sa campagne, avance au pas de charge, tandis que les socialistes s'embourbent dans leurs querelles internes. Selon nos confrères de L'Opinion, cette perspective pousse certains cadres du PS à envisager sérieusement de soutenir Édouard Philippe.

« Je ne vais quand même pas accepter qu'on file les clés du camion à l'extrême droite sans rien faire. Si, en février 2027, rien ne décolle, je prendrai mes responsabilités », lâche ainsi un cadre dirigeant du PS. Primaire ou pas primaire, le parti à la rose doit rapidement proposer un candidat, sous peine de disparaître, écartelé entre sa droite libérale et sa gauche radicale.

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