Grève des femmes de chambre à l'hôtel Impérator de Nîmes
Grève à l'Impérator de Nîmes : conditions dénoncées

Ce dimanche matin, à 10 h 30, alors que l'hôtel Impérator Maison Albar affichait complet, les femmes de chambre, gouvernantes et équipières ont cessé le travail. Soutenues par la CGT, elles ont manifesté devant l'établissement pour dénoncer des conditions de travail jugées intolérables et un manque de considération de la part de la direction.

Des revendications portées par le syndicat CGT

David Goslin, délégué syndical CGT, présent sur place, a déclaré : « Depuis quelques semaines, les femmes de chambre nous ont contactés, elles sont à bout. Ce sont les filles de l’ombre, qu’on ne voit jamais, qu’on ne respecte pas. Leur travail est le plus ingrat de l’hôtellerie et n’est pas reconnu au quotidien. » Nicolas Viala, secrétaire du CSE, a ajouté que la direction avait été prévenue dès jeudi, mais qu'aucun contact n'avait eu lieu depuis.

Des conditions de travail dénoncées comme « une honte dans un cinq-étoiles »

Ikram Ouadeh, employée depuis 2021, a témoigné : « Malheureusement, nous ne travaillons pas dans de bonnes conditions. Nous avons une bonne équipe, soudée, mais la charge de travail est devenue insupportable. On veut un changement, il faut faire évoluer les choses. C’est une honte, dans un cinq-étoiles, nous n’avons même pas une tenue convenable. » Samira Semohmid a précisé qu'avec ses collègues, elles entretiennent 72 chambres et 8 maisons. Les grévistes ont également mis en avant un sous-effectif chronique, des problèmes d'organisation et des conditions de sécurité inadaptées. David Goslin a souligné qu'elles sont parfois contraintes de pousser un chariot d'environ cent kilos dans un escalier en colimaçon.

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Un mouvement soutenu par des élus et des collègues

Christine De Oliveira, équipière polyvalente et élue au CSE, est venue soutenir ses collègues, se disant en burn-out. « C’est de pire en pire », a-t-elle confié. Janie Arnéguy, conseillère municipale de Nîmes, a également apporté son soutien, jugeant les conditions de travail « scandaleuses » et notant que les clients se montraient attentifs aux revendications. Margot Braun, gouvernante d'étage expérimentée dans le luxe, s'est dite « choquée par le manque de considération », ajoutant que « les filles ne sont pas des robots ».

L'absence de réaction de la direction

La direction de l'hôtel, contactée sur place puis par courrier électronique, n'a pas souhaité s'exprimer. Les grévistes demandent des augmentations salariales et l'ouverture de négociations sur leurs conditions de travail. Le mouvement, rare dans le milieu feutré de l'hôtellerie de luxe, se poursuit.

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