À deux jours de la nouvelle mobilisation prévue samedi 24 octobre, l'exécutif tente de faire retomber la pression après les violences du 17 octobre. Emmanuel Macron réunit un conseil de sécurité à l'Élysée dès 10 heures, tandis que Sébastien Lecornu reçoit les partis politiques à Matignon. La « fermeté » reste le mot d'ordre.
Un conseil de sécurité à l'Élysée dès 10 h
Emmanuel Macron présidera un conseil de sécurité ce jeudi 22 octobre, à partir de 10 heures, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et des services de renseignement. L'objectif : examiner les violences survenues en marge des manifestations du 17 octobre et renforcer les dispositifs de sécurité pour les semaines à venir.
« Ce conseil permettra de faire un point sur la mise en œuvre des dispositifs de renseignement, d'anticipation et de sécurisation des prochaines semaines, tout en revenant sur les dysfonctionnements qui ont conduit aux événements du week-end passé », a précisé l'Élysée mercredi 21 octobre. À l'issue de la réunion, le président prendra la parole, selon Ouest-France.
En déplacement au Qatar, le chef de l'État a indiqué vouloir obtenir un « compte rendu » des événements du week-end dernier. Depuis Lusail, il a fermement condamné les débordements : « En démocratie, il n'y a rien qui justifie la violence », avant d'ajouter : « Il s'est passé samedi dernier des choses inacceptables dans plusieurs villes du pays ».
Les partis reçus à Matignon cette après-midi
Sébastien Lecornu doit recevoir en début d'après-midi les partis à Matignon, en présence de Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), des responsables des services de renseignement et des forces de l'ordre. La réunion intervient après plusieurs jours de tensions lors desquels le chef du gouvernement a sommé les forces politiques de « choisir […] entre la violence et la République », ciblant La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, accusée d'avoir attisé la colère, ce que le mouvement conteste.
Dans sa lettre aux présidents des partis pour les convier à Matignon, le Premier ministre promet la « transparence » sur « le déroulement » du 17 octobre, y compris les « difficultés rencontrées » afin que « chacun puisse disposer des mêmes éléments d'information ». Emmanuel Macron, rentré d'une tournée dans le Golfe, a de son côté convoqué à l'Élysée « l'ensemble des services de renseignement », accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation.
Quels partis seront présents ?
Si tous les partis invités devraient être représentés, plusieurs dénoncent une « convocation ». Ni Jordan Bardella ni Marine Le Pen ne feront le déplacement pour le RN. Horizons enverra Christophe Béchu, le MoDem Marc Fesneau et LFI Manuel Bompard. Raphaël Glucksmann sera présent pour défendre ses « désaccords » et ses « solutions », tandis que les Écologistes seront représentés par Cyrielle Chatelain, Marine Tondelier et Mélanie Vogel.
De son côté, Manuel Bompard reproche au gouvernement d'ignorer « les raisons de la colère » et entend notamment réclamer la fin de Parcoursup, 10 milliards d'euros pour les lycéens et étudiants, le blocage des prix des carburants et des hausses de salaires.
Une réunion des maires de Paris, Lyon et Marseille
Autre rendez-vous attendu, la réception par Sébastien Lecornu des maires de Paris, Lyon et Marseille, particulièrement touchées par les violences, pour tenter de les rassurer avant la mobilisation du 24 octobre. Alors que 2 000 à 3 000 commerces ont été pillés et dégradés le week-end dernier, des commerçants redoutent la journée de samedi.
« L'inquiétude est maximale », a déclaré à l'AFP Pierre Bosche, président de la Confédération des commerçants de France. Nombre d'entre eux prévoient de garder leurs rideaux fermés : entre le risque « de perdre (sa) boutique » et celui « de perdre une journée d'affaires, la décision est assez rapidement prise ».
À quel dispositif s'attendre ?
Pour cette nouvelle journée de mobilisation, le gouvernement a promis un important dispositif policier, le recours à des blindés et aux unités d'élite (GIGN, BRI et Raid). Plusieurs interdictions de manifester devraient également être prononcées. Alors que des couvre-feux localisés ont été de nouveau mis en place mercredi soir, les réponses pénales aux pillages du week-end continuent de tomber : un total de 174 personnes ont été incarcérées, a indiqué Gérald Darmanin.
Mais les scènes de bâtiments publics incendiés et de commerces vandalisés ont fait le tour du monde, poussant plusieurs pays comme les États-Unis, la Chine ou l'Allemagne à donner des conseils de prudence à leurs ressortissants séjournant en France. Et la crise a des conséquences sur les marchés financiers : le taux d'emprunt français à échéance dix ans a terminé mercredi au-dessus des 5 %, une première depuis 2002, signe de la défiance croissante des investisseurs quant à la situation politique et budgétaire du pays.