Jean-Luc Mélenchon officialise sa candidature pour 2027 avec la tortue comme emblème
Mélenchon candidat en 2027, la tortue comme emblème

C'est reparti pour une quatrième campagne. Sans suspense, Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu'il serait de nouveau candidat à la présidentielle en 2027. « Nous c'est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a tranché le tribun sur TF1 dimanche soir. S'il avait indiqué vouloir être « remplacé » après sa défaite en 2022, le voilà finalement sur la liste de départ. Le patron de LFI a tout bonnement estimé être « le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive ».

La tortue, animal totem de campagne

Sur le site de soutien à sa candidature, une tortue s'invite à plusieurs reprises comme un logo de campagne. L'image n'est pas nouvelle. Le 16 janvier 2022, lors d'un meeting à Nantes, Jean-Luc Mélenchon s'inspire de l'animal en citant la célèbre fable de La Fontaine : « Faites confiance à une tortue électorale, sagace comme moi. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j'ai déjà épuisé quelques lièvres hein… » Il raille alors ses rivaux de gauche, notamment Christiane Taubira. Dans la foulée, l'émoji tortue devient une marque d'adhésion à LFI sur les réseaux sociaux.

Un symbole de persévérance

Pour Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis, « la tortue symbolise quelqu'un qui part de loin et, parce qu'il est suffisamment robuste, tenace et obstiné, arrive finalement à couper la ligne en tête. Il y a ce côté force tranquille, qui avance à son rythme, cela va bien à Jean-Luc Mélenchon. »

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La tortue face aux sondages

Dans les récents sondages présidentiels, le candidat insoumis est placé en troisième ou quatrième position (11-13 %), mais ses soutiens sont persuadés qu'il saura de nouveau faire son retard. « Les sondages minorent toujours notre score et majorent toujours celui de l'extrême droite, comme c'était le cas déjà un an avant la présidentielle 2022 », souffle Éric Coquerel. En mai 2021, Jean-Luc Mélenchon était également situé entre 11 et 13 % dans les enquêtes d'opinion. Il finira à 21,95 % au soir du premier tour, à quelque 420 000 voix de la qualification.

À travers l'image de la tortue, les insoumis rêvent donc d'une nouvelle remontada. Mais en s'attaquant aux sondages qu'ils jugent « bidonnés », les cadres de LFI oublient que leur candidat avait surtout bénéficié en 2022 d'un large vote utile dans la dernière ligne droite, qui lui avait permis de siphonner les voix d'Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel. « Le vote est volatil. Le choix des Français se cristallise parfois dans les toutes dernières semaines de campagne », nous indiquait récemment Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna Harris Interactive.

Critiques et controverses

Les détracteurs de Jean-Luc Mélenchon aiment rappeler combien l'insoumis a écorné son image auprès des Français depuis quatre ans, au fil des polémiques et des accusations d'antisémitisme. « Mélenchon a un socle électoral de premier tour. Mais son plancher est devenu son plafond. Il a contribué à isoler l'extrême gauche du reste de la gauche, et c'est désormais le pire candidat face à Jordan Bardella », disait récemment Sacha Houlié, député proche de Raphaël Glucksmann.

La tortue romaine

Reste que la tortue a également d'autres vertus. En pleine affaire Quentin Deranque, Jean-Luc Mélenchon avait de nouveau invoqué l'animal pour illustrer la capacité des insoumis à faire bloc en période de crise. « Aucun d'entre nous […] n'a rompu les rangs. La tortue n'est pas seulement mon animal totem de combat politique. C'est une figure de combat de l'armée romaine. L'un tient le bouclier qui protège devant et l'autre celui qui couvre le côté », écrivait-il sur son blog le 24 février dernier.

Au même moment, François Hollande avait déploré le soutien indéfectible du tribun insoumis pour la Jeune Garde, mise en cause dans l'affaire Deranque, en utilisant lui aussi l'image de la tortue. « Plutôt que de faire amende honorable pour essayer de retrouver une forme de responsabilité politique qui lui permette de solliciter le suffrage universel », Jean-Luc Mélenchon « se met dans une position, si je puis dire, de tortue : on se carapace pour essayer de tenir bon. C'est une double faute et il le paiera ». En politique comme ailleurs, chacun se fait ses propres fables.

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