Un nouveau coup dur frappe la droite marseillaise, déjà affaiblie par la défaite de Martine Vassal aux élections municipales. Laure-Agnès Caradec, présidente du parti Les Républicains des Bouches-du-Rhône, a annoncé ce mardi son départ pour rejoindre l'UDR, le parti d'extrême droite dirigé par Éric Ciotti.
Une décision assumée
« J’arrive au terme de ma présidence départementale des LR. J’ai mené la campagne municipale avec loyauté mais aujourd’hui je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission. Je rejoins l’UDR d’Éric Ciotti », a-t-elle déclaré sur le réseau social X. Elle a ajouté : « J’ai toujours été une femme libre, de droite, le combat s’ouvre devant nous, nous allons le gagner pour Marseille, la Provence et la France ».
Un rapprochement déjà amorcé
Proche de l’ancien maire de droite Jean-Claude Gaudin, dont elle fut adjointe, Laure-Agnès Caradec était la tête de liste de la droite et du centre dans le 5e secteur de Marseille, regroupant les 9e et 10e arrondissements. Elle a été largement battue au second tour avec seulement 8,6 % des voix, loin derrière la candidate RN victorieuse Éléonore Bez (50,4 %).
Entre les deux tours, elle avait déjà plaidé pour un rapprochement des listes LR et RN à la mairie centrale, une stratégie refusée par Martine Vassal. La candidate de l’union de la droite et du centre n’a finalement recueilli que 5,36 % des voix au second tour, derrière le maire sortant divers gauche Benoît Payan (54,34 %) et le candidat RN Franck Allisio (40,30 %).
Une figure politique en ascension
Laure-Agnès Caradec fut en 2023 la première femme élue présidente de la fédération LR du département, seule candidate d’un parti déjà marqué par les départs d’élus, notamment vers Renaissance, comme le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier. Conseillère métropolitaine, elle est également vice-présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.
Réactions contrastées
Sur X, Romain Simmarano, conseiller municipal et métropolitain de Marseille, ex-candidat sur la liste de Martine Vassal et porte-parole de sa campagne, a salué une « grande clarification ». Il a toutefois nuancé : « Il existe une école de pensée qui n’a rien à voir avec l’extrême droite, et qui n’a pas vocation à sauter dans le bain d’acide. Il existe un souffle central, rassembleur, humaniste, qui ressemble à Marseille et qui peut encore la rassembler ».



