Raphaël Glucksmann : une fierté nationale de gauche ?
Dans son ouvrage récent, Raphaël Glucksmann ambitionne de récupérer le thème de la fierté nationale, traditionnellement accaparé par l'extrême droite. Il s'inscrit dans la lignée de Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon, mais avec une approche distincte. Ce projet, bien que louable, nécessite une composante sociale forte pour être crédible.
Un livre-plaidoyer politique
Le titre de l'essai, « Nous avons encore envie », fait référence à une chanson de Johnny Hallyday. Bien que le titre puisse paraître mièvre, le contenu soulève des questions pertinentes sur l'avenir de la gauche. Glucksmann y retrace son parcours, notamment son expérience auprès de Mikheil Saakachvili en Géorgie et son engagement lors de la révolution de Maïdan en Ukraine. Il considère l'année 2014 comme un tournant, avec la montée du Front national et le succès du livre d'Eric Zemmour.
Reprendre le récit national
Glucksmann estime que la fierté française, aujourd'hui blessée, est essentielle. Il critique la gauche pour avoir ignoré ce sentiment. Il propose une politique migratoire réaliste et une laïcité émancipatrice, se démarquant des positions radicales. Il défend également le service public, l'école, et propose d'interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans.
Les classes populaires et la gauche
Glucksmann reconnaît que les classes populaires ne votent plus à gauche, un constat souvent ignoré. Il critique la gauche pour son déni et son racisme de classe envers le prolétariat blanc. Sur les retraites, il propose une réforme basée sur l'équité, avec un départ plus précoce pour les femmes et les métiers pénibles.
Un projet de deuxième tour
Le livre semble conçu pour le second tour d'une présidentielle, mais la question du premier tour reste cruciale. Glucksmann espère rassembler un électorat socialiste, écologiste et centriste, mais doit encore convaincre. Son image médiatique et sa capacité à mobiliser seront déterminantes. Il doit s'ancrer à gauche pour éviter un échec.
En conclusion, Glucksmann propose un projet réformiste qui renoue avec des thèmes classiques de la gauche : fierté nationale, souveraineté, sécurité, équité. Reste à voir s'il parviendra à séduire au-delà de son socle électoral actuel.



