Le 26 juillet 2022, un phénomène météorologique rare et spectaculaire a été observé en marge du gigantesque incendie qui ravage la Gironde : le pyrocumulonimbus. Ce nuage de feu, également appelé orage de feu, se forme lorsque la chaleur intense d'un incendie provoque une ascendance d'air chaud et humide, capable de générer des éclairs et des précipitations.
Qu'est-ce qu'un pyrocumulonimbus ?
Selon les météorologues, le pyrocumulonimbus est un cumulonimbus qui se développe au-dessus d'un foyer de chaleur intense, comme un incendie de forêt ou une éruption volcanique. La chaleur dégagée par les flammes chauffe l'air ambiant, qui s'élève rapidement en formant un courant ascendant. Si l'humidité est suffisante, la vapeur d'eau se condense en un nuage cumuliforme. Le pyrocumulonimbus se distingue par sa capacité à produire des éclairs et des orages, mais aussi à aspirer de l'oxygène, alimentant ainsi le feu.
Observé lors de l'incendie en Gironde
L'incendie de la Gironde, qui a brûlé plus de 20 000 hectares de forêt, a créé des conditions propices à la formation d'un pyrocumulonimbus. Les pompiers et les scientifiques ont observé ce nuage menaçant, mesurant plusieurs kilomètres de hauteur. "C'est un phénomène impressionnant, qui indique que le feu est d'une intensité extrême", a déclaré un porte-parole des sapeurs-pompiers. "Le pyrocumulonimbus peut générer des vents violents et des changements soudains de direction, rendant la lutte contre l'incendie encore plus dangereuse."
Les dangers du pyrocumulonimbus
Ce nuage de feu n'est pas seulement spectaculaire, il est aussi très dangereux. Il peut provoquer des "feux de foudre" en projetant des éclairs sur de nouvelles zones, déclenchant ainsi de nouveaux départs de feu. De plus, il peut créer des vents tourbillonnaires appelés "tourbillons de feu" qui projettent des braises à des kilomètres. Selon une étude de Météo-France, les températures au cœur d'un pyrocumulonimbus peuvent atteindre 1 000 °C. Enfin, le nuage peut générer des précipitations, mais celles-ci sont souvent insuffisantes pour éteindre l'incendie.
Impact sur le climat et la stratosphère
Les pyrocumulonimbus peuvent injecter de la fumée et des particules dans la stratosphère, où elles peuvent rester pendant des mois et affecter le climat global. En 2020, les incendies en Australie ont produit des pyrocumulonimbus qui ont injecté des aérosols dans la stratosphère, contribuant à un refroidissement temporaire. En Gironde, les scientifiques surveillent également l'impact de ces nuages sur la qualité de l'air et la météorologie locale.



