L'appel pressant de Christophe Clergeau pour un conclave de la gauche non-mélenchoniste
Dans une tribune publiée le 23 avril 2026, l'eurodéputé socialiste Christophe Clergeau, proche d'Olivier Faure, lance un appel urgent à la gauche non-mélenchoniste. Il presse les différentes formations de convoquer un « conclave » afin de s'accorder sur plusieurs points cruciaux pour les prochaines échéances électorales.
La nécessité d'une candidature commune pour éviter la dispersion
Christophe Clergeau estime que sans candidat commun pour l'élection présidentielle, la gauche « de Ruffin à Glucksmann » ne pourra pas se qualifier au second tour. Il met en garde contre deux scénarios catastrophiques : si la gauche est représentée par Jean-Luc Mélenchon, un boulevard s'ouvrirait pour le Rassemblement National ; si la gauche est absente, nous assisterions à une troisième confrontation Macron/Le Pen, avec des conséquences potentiellement désastreuses.
Il y a un an, Clergeau proposait déjà ce mécanisme du conclave, qui rassemblerait dans un exercice collectif de responsabilité les dirigeants des formations politiques, des élus et des représentants de la société civile. L'objectif serait de délibérer au cours d'une séquence courte et secrète, avec une décision prise à la majorité des deux tiers.
Les limites du processus de Bagneux et la proposition de Boris Vallaud
Pour le moment, cette voie n'a pas été choisie. La primaire portée par le « processus de Bagneux » souffre de l'absence du Parti Communiste Français et de Raphaël Glucksmann. Or, une seule candidature additionnelle suffirait probablement à empêcher la gauche d'accéder au second tour.
Boris Vallaud a repris à sa manière l'idée du conclave en proposant, sur le même périmètre politique « de Ruffin à Glucksmann », une coalition qui élaborerait son projet commun avant de choisir une candidature unique. Cependant, Clergeau souligne un glissement radical et paradoxal dans cette approche, car Vallaud fait de sa coalition celle des minoritaires de toutes les formations politiques contre toutes les directions.
Les formations politiques ont clairement rappelé qu'elles ne renonceraient à avoir leur propre candidat ou candidate qu'à la condition impérative qu'il ou elle soit issu.e d'un processus défini d'un commun accord entre les partis, dont chacun s'engagerait à respecter les résultats.
La primaire démocratique et la nécessité d'innovation
La force de la primaire tient à son caractère démocratique, ouverte à tous les citoyens, et à sa dynamique populaire. Pour être efficace, elle doit réunir l'ensemble des forces « de Ruffin à Glucksmann ». Pour y parvenir, il va falloir convaincre et peut-être innover.
La primaire passe donc elle-même par un conclave, un « sommet » de la gauche non-mélenchoniste pour trouver un accord de tous qui n'existe pour le moment pas. Une des manières d'innover est de ne pas se limiter à discuter des modalités de la primaire. Il s'agit bien de gagner l'élection présidentielle pour gouverner demain la France.
Vers un accord global pour une gauche unie et gouvernante
Il serait donc logique de rechercher par consensus un accord global portant sur :
- Le projet politique
- La candidature pour la présidentielle
- Les législatives
- Un contrat de gouvernement
Ce processus peut prendre du temps, mais si prendre du temps permet de faire de la gauche non-mélenchoniste l'alternative gagnante à l'extrême droite et une force capable de gouverner ensemble, alors nous devons nous y atteler. Lionel Jospin l'avait appelée « la gauche plurielle », construisons aujourd'hui « la gauche unie ».
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n'engage pas la rédaction.



