Gauche toulonnaise : pique-nique pour la reconstruction après la défaite
Gauche toulonnaise : pique-nique pour la reconstruction

Après la défaite cuisante des élections municipales de mars 2026, la gauche toulonnaise tente de se reconstruire. Le mouvement Toulon en commun (TEC) organise ce samedi un « pique-nique républicain » à la Tour Royale, à partir de 18 heures. Ce rendez-vous, présenté comme convivial, doit permettre aux militants de gauche d'aborder les sujets qui fâchent et de préparer l'avenir.

Un score qui reste en travers de la gorge

Les « forces progressistes » n'ont pas digéré les 8,38 % obtenus au premier tour des municipales par leur tête de liste, la socialiste Magali Brunel. Une défaite que peu de membres avaient anticipée. « Il y a eu une grosse déception », confie le communiste André de Ubeda. « Mais la phase de reconstruction a commencé. »

Cette reconstruction s'annonce complexe avec les échéances électorales à venir : les sénatoriales, la présidentielle et les législatives. Le défi est de maintenir la cohésion entre les différents partis composant TEC, de Place publique à l'Après, en passant par le PS, le PCF et les Écologistes.

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Des tensions internes à gérer

Des inquiétudes se font jour quant à une possible mainmise des socialistes sur le mouvement. « On a l'expérience », assure Magali Brunel, rappelant que le mouvement, créé en 2019, a déjà traversé des épreuves. « Et puis chez nous, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas encartés et qui ont aussi des choses à dire. »

Un constat qui laisse certains « camarades » sceptiques. « On a surtout l'impression que les socialistes veulent faire une OPA sur l'organisation, alors qu'ils sont en partie responsables de la défaite. Il va falloir être vigilants si on veut que “TEC” ait un avenir… », glisse l'un d'eux.

Un avenir sans élu et face à l'extrême droite

La tâche s'annonce d'autant plus ardue que la gauche toulonnaise ne compte plus aucun élu au conseil municipal. Le « système Falco », cible des années durant, a vécu. Les forces d'opposition qui ont le vent en poupe se situent plutôt du côté de l'extrême droite. « Pour l'instant, on ne s'est pas exprimé sur l'action de la maire Josée Massi, mais ça viendra », assure André de Ubeda.

Le pique-nique devrait être l'occasion de définir la stratégie des mois à venir, y compris sur les relations fraîches avec la France insoumise. « On s'attend à ce que ça parte un peu dans tous les sens, sourit l'ancien enseignant spécialisé. Mais ce n'est pas grave. Comme disait Marx, ce sont des contradictions non antinomiques ! C'est le débat et c'est plutôt sain. »

Une réorganisation annoncée

Une réorganisation de l'association, avec de nouveaux statuts et un nouveau bureau, sera annoncée une fois le pique-nique terminé. « De nouvelles énergies émergent », souligne Magali Brunel, qui a posté sa dernière vidéo au printemps dernier et n'entend pas rester sous les projecteurs. « Les choses vont redevenir plus collectives, poursuit-elle. Il va falloir aller à la rencontre des Toulonnais, avoir de l'imagination. »

L'idée est aussi de continuer à faire vivre les assemblées populaires, au rythme d'une dizaine par an. « Si on repart comme avant, on court à la catastrophe. En sport, quand une équipe perd, on change l'entraîneur, les joueurs ou le système de jeu », insiste un autre militant, qui promet de mettre les pieds dans le plat si l'occasion se présente ce samedi.

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