Expulsion de la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova par le ministère de l'Intérieur
Expulsion de Xenia Fedorova, chroniqueuse prorusse

Expulsion de Xenia Fedorova pour menace à l'ordre public

La chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova, ancienne directrice de la chaîne d’État russe RT en France, s’est vu remettre mercredi un arrêté ministériel d’expulsion, a indiqué à l’AFP le ministère de l’Intérieur, confirmant une information de Libération. Selon le quotidien, « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État », et sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », est-il écrit dans cet arrêté.

Née en Russie, naturalisée française, Xenia Fedorova a dirigé RT France jusqu’à la fermeture de la chaîne en février 2022, après l’invasion de l’Ukraine et les sanctions européennes. Depuis, elle est devenue une chroniqueuse régulière sur plusieurs médias du groupe Bolloré, notamment CNews, Europe 1 et le magazine Valeurs Actuelles. Dans ces tribunes, elle défend systématiquement les positions du Kremlin et relaie des narratifs pro-russes, ce qui lui vaut d’être régulièrement accusée de servir de relais de la propagande de Moscou.

Un arrêté motivé par la désinformation

L’arrêté ministériel précise qu’« en déployant ses narratifs », la chroniqueuse « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France. Le document souligne que ses interventions « participent à une entreprise de manipulation de l’information, visant à affaiblir les institutions françaises et à créer un climat de défiance envers les médias traditionnels et les autorités. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Selon les sources du ministère de l’Intérieur, cette décision s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre les ingérences étrangères. Depuis 2022, la France a expulsé plusieurs agents russes présumés et a renforcé les contrôles sur les médias liés à Moscou. L’arrêté d’expulsion contre Fedorova est l’un des plus médiatisés, en raison de son audience et de ses liens avec le groupe Bolloré.

Des réactions politiques contrastées

La décision a suscité des réactions vives. Du côté du gouvernement, on assume une « mesure nécessaire pour protéger notre souveraineté ». Un conseiller du ministre de l’Intérieur, cité par Le Monde, a déclaré : « Nous avons des preuves solides que ses activités portent préjudice à l’intérêt national. L’expulsion est proportionnée. » À l’inverse, certains opposants dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. Marine Le Pen a tweeté que « cette expulsion est une dérive autoritaire, on ne combat pas les idées en bâillonnant les voix ». De son côté, Xenia Fedorova a annoncé qu’elle allait contester l’arrêté devant le tribunal administratif, dénonçant « une décision politique sans fondement juridique ».

L’affaire relance le débat sur la présence de médias pro-russes en France et sur les limites de la liberté d’expression face aux ingérences étrangères. Tandis que la guerre en Ukraine se poursuit, la France durcit son arsenal juridique contre les infox et les propagandes hostiles.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale