Crèche clandestine à Yerres : 12 enfants entassés dans une voiture
Crèche clandestine à Yerres : 12 enfants dans une voiture

Le 16 juillet, lors d'un contrôle policier à Yerres (Essonne), commune dirigée par Nicolas Dupont-Aignan, les agents ont découvert une crèche clandestine dans un pavillon transformé en maison d'assistantes maternelles. Douze enfants étaient entassés dans une voiture au sous-sol, où ils avaient été placés près d'une heure plus tôt afin de « les dissimuler à un contrôle des services de la Protection maternelle infantile (PMI) », selon le parquet d'Évry.

Des assistantes maternelles sans agrément

Les deux assistantes maternelles qui occupaient les lieux exerçaient en toute illégalité, l'agrément de l'une d'entre elles ayant même été suspendu. Nicolas Dupont-Aignan s'est interrogé : « Comment une activité aussi illégale a-t-elle pu exister sans que nous soyons au courant ? », alors que les services de la PMI avaient reçu plusieurs alertes concernant cette maison.

Un système de contrôle renforcé

L'agrément des assistantes maternelles est délivré par le conseil départemental après avis des services de la PMI, pour une durée de cinq ans, puis renouvelable pour cinq ou dix ans. Pour ouvrir une Maison des assistantes maternelles (MAM), elles doivent modifier leur agrément et la PMI valide la conformité du local. Pour une crèche publique, la collectivité présente son projet à la PMI, qui donne le feu vert. Un contrôle au moins tous les cinq ans était requis, mais un projet de loi adopté en début d'année à l'Assemblée nationale impose désormais des contrôles tous les trois ans. La députée MoDem Perrine Goulet, à l'origine de la proposition de loi, a déclaré : « Trois ans dans la vie d'un enfant, c'est déjà très long. Cinq ans, c'est trop. Autant vous dire que si pendant cinq ans il y a de la maltraitance et que personne n'intervient, ce n'est quand même pas très logique. »

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Des moyens insuffisants pour la PMI

Pour les structures privées (micro-crèches, crèches d'entreprise), l'autorisation du Conseil départemental est nécessaire, et la PMI mène des contrôles de conformité, les inspections inopinées étant désormais la norme. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) peut aussi contrôler des groupes privés. En 2024, l'Igas a épinglé le groupe La Maison Bleue pour « des manquements fréquents » dans la qualité de l'accueil et des anomalies financières. Le 17 juin, devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, le député Thibault Bazin a observé une augmentation des contrôles depuis 2024. Un guide d'inspection-contrôle a été édité en avril 2026 par le ministère de la Santé pour harmoniser les règles. Cependant, Bazin dénonce des moyens « insuffisants » alloués aux services de PMI, confrontés à « une charge de travail croissante, avec une hausse des signalements et une augmentation du nombre de structures à contrôler ».

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