Fifa : création d'une filiale commerciale pour lever 10 milliards de dollars
Fifa : une filiale commerciale pour lever 10 milliards de dollars

La Fédération internationale de football (Fifa) a annoncé, mardi 29 juillet, son intention de créer une société commerciale baptisée Fifa Forward Enterprise (FFE). Cette nouvelle entité regrouperait plusieurs activités lucratives de l'instance – sponsoring, billetterie, octroi de licences et gestion opérationnelle des compétitions – et une fraction de ses parts serait cédée à des investisseurs privés. L'opération devrait permettre une rentrée d'argent d'environ 10 milliards de dollars, ensuite redistribuée aux 211 fédérations membres.

Lever 4,2 milliards de dollars dès 2025

Selon les premières informations, la Fifa prévoit de lever 4,2 milliards de dollars dès cette année. Ce tour de table serait mené par un consortium présidé par Thrive Eternal, un fonds d'investissement récemment lancé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Cette proximité entre Gianni Infantino, président de la Fifa, et l'ancien président américain interroge, d'autant que Trump était personnellement intervenu lors du Mondial 2026 pour faire annuler un carton rouge jugé contestable du joueur américain Folarin Balogun avant un huitième de finale.

La Fifa assure que les futurs actionnaires ne pourront pas prendre le contrôle de la nouvelle entité. Cependant, ce projet soulève des questions sur la capacité de la fédération à conserver la maîtrise de ses actifs les plus rentables et sur les potentiels conflits d'intérêts.

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Une financiarisation amorcée depuis des années

Cette ouverture aux investisseurs privés s'inscrit dans un mouvement de financiarisation du football amorcé bien avant l'arrivée de Gianni Infantino. Sous la présidence de Sepp Blatter, emporté par un scandale de corruption en 2015, la Coupe du monde 2022 avait été attribuée au Qatar, un État sans tradition footballistique mais aux moyens colossaux : plus de 220 milliards de dollars dépensés pour organiser l'événement, un record.

Depuis son élection, Infantino a considérablement accru les ressources de la Fifa. Les revenus sont passés de 7,5 milliards de dollars sur le cycle 2019-2022 à 11 milliards sur 2023-2026. Ils pourraient atteindre 14 milliards lors du prochain cycle, sans compter l'apport du projet FFE. C'est également sous son impulsion que l'Arabie saoudite, avec laquelle il entretient des liens étroits, a été désignée hôte de l'édition 2034, un choix dicté davantage par des considérations financières que sportives.

La Coupe du monde 2026, vitrine de cette stratégie

La dernière Coupe du monde, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, a incarné cette fuite en avant. Pour la première fois, le tournoi a réuni 48 équipes, contre 32 auparavant. Ce format élargi a fait exploser les recettes. D'après The Guardian, la Fifa devrait annoncer un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars, bien au-delà des 9 milliards initialement espérés. Les billets à des prix exorbitants et les pauses fraîcheurs, durant lesquelles des publicités étaient diffusées mondialement, ont contribué à ces performances.

De même, la mi-temps de la finale entre l'Espagne et l'Argentine a été rallongée d'une quinzaine de minutes pour diffuser un spectacle calqué sur le modèle du Super Bowl. La prochaine édition, prévue en 2030 au Maroc, en Espagne et au Portugal, pourrait même passer à 64 équipes.

Un quatrième mandat pour Infantino

Cette stratégie profite visiblement aux fédérations, que la Fifa finance généreusement. Gianni Infantino, en poste depuis 2016, compte se représenter pour un quatrième mandat lors du prochain congrès. Sa candidature serait déjà soutenue par plus de 200 pays. Un soutien qui n'a rien de surprenant au vu des retombées financières promises.

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