Le rassemblement de l'UDR à Levens, dans les Alpes-Maritimes, a réuni plusieurs milliers de personnes, samedi 5 septembre, selon la présentation de la rentrée politique du maire de Nice. Cette démonstration de force intervient alors que le RN traverse une période difficile, marquée par des polémiques et des tensions internes.
Un pacte d'alliance pour structurer l'union des droites
Éric Ciotti a présenté un « pacte d'alliance » basé sur quinze propositions, dont une règle d'or budgétaire, qui suscite l'attention de ses alliés. L'ancien président de LR, qui a réalisé un « coup de poker » après la dissolution de 2024, se retrouve à la tête d'un parti structuré, l'UDR, avec un groupe parlementaire, des élus locaux et des ambitions nationales.
Le maire de Nice s'appuie sur deux laboratoires pour démontrer sa méthode : la ville de Nice, où il veut prouver qu'il est possible de baisser les impôts tout en améliorant l'action publique, et le département des Alpes-Maritimes, où il occupe une position dominante. Il a notamment imposé ses candidats en tête de la liste d'union pour les sénatoriales du 27 septembre.
Le RN en difficulté face à la montée de l'UDR
Le RN, de son côté, a été confronté à plusieurs controverses cette semaine. Une proposition d'interdire totalement le voile dans l'espace public a suscité une polémique, tandis que Jordan Bardella s'est affiché aux côtés de Nigel Farage au Royaume-Uni, une image jugée désastreuse. Louis Aliot a également tenu des propos jugés pro-russes en menaçant de « couper le robinet » à l'Ukraine, et une guerre des chefs a éclaté entre la candidate et le président du parti.
Dans ce contexte, Éric Ciotti se positionne sur les idées, avec un « pacte d'alliance » qui ne mentionne pas de « programme commun », mais qui vise à structurer l'union des droites. Selon le dernier baromètre Elabe, sa cote de popularité s'établit à 25 %, un point derrière Édouard Philippe et deux points devant Bruno Retailleau. Elle grimpe à 62 % parmi les sympathisants UDR-RN.
Quelles conséquences pour 2027 ?
La question se pose désormais : l'union des droites pourrait-elle marginaliser le RN, comme l'union de la gauche a relégué le PCF au rang de force d'appoint du PS dans les années 70 ? Le rassemblement de Levens marque les esprits, et Éric Ciotti semble en mesure de capitaliser sur cette dynamique. Les prochaines échéances électorales, notamment les sénatoriales de septembre, seront un test décisif pour l'influence de l'UDR et son ambition de peser dans la course à la présidentielle de 2027.



