Préfet maritime Méditerranée : cinq défis majeurs relevés en deux ans
Préfet maritime Méditerranée : cinq défis majeurs

Le vice-amiral d'escadre Christophe Lucas quittera ses fonctions de préfet maritime de la Méditerranée le 31 juillet 2026, remplacé par le vice-amiral d'escadre Laurent Hermann le 1er août. Avant ce départ, il revient sur cinq dossiers clés qui ont marqué ses deux années à la tête de la préfecture maritime, cumulant les rôles de représentant de l'État en mer, commandant des moyens militaires en Méditerranée et mer Noire, et commandant d'arrondissement maritime à Toulon.

Traquer les navires de la flotte fantôme russe

La Marine nationale, sous l'autorité du préfet maritime, a intensifié la lutte contre la « flotte fantôme russe », des navires contournant les sanctions internationales pour financer l'effort de guerre russe. Le 23 juin 2026, le pétrolier Deliver a été dérouté dans le golfe de Fos pour avoir arboré un faux pavillon. « Ce genre d'action illustre la très grande continuité de l'État, depuis l'opération d'enquête de pavillon conduite par des marins – volet militaire sous l'autorité du préfet maritime – jusqu'au volet judiciaire avec le parquet de Marseille », souligne l'amiral Christophe Lucas. Depuis janvier 2026, trois arraisonnements de navires ont eu lieu.

Affronter le danger en Méditerranée

« L'instabilité du contexte international, la désinhibition en matière d'emploi de la violence, le droit international fortement entamé : tout cela est désormais illustré en Méditerranée », pose l'amiral. Les crises s'accumulent, de l'Ukraine à Israël, en passant par la Syrie, le Sud Liban ou l'Iran. Au printemps 2026, le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval ont été déployés pour « participer à l'effort de stabilité régionale ». L'objectif est de conserver une liberté d'action et d'intervenir si les intérêts français sont menacés.

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Préparer l'accueil du futur porte-avions France Libre

Le porte-avions France Libre, attendu à Toulon en 2035, nécessite un chantier d'infrastructures colossal : dragage, réutilisation des sédiments, nouveau bassin, nouveau quai. « Ça fait partie des gros dossiers qui vont être sur le bureau de mon successeur… et du successeur de mon successeur. La Marine est une armée de temps long », explique l'amiral. Il ajoute : « L'enjeu c'est préparer la base navale de 2050 », incluant les moyens pour les frégates et les nouveaux sous-marins.

Assurer la sécurité sur le plan d'eau

Le préfet maritime veille à la sécurité en mer, avec « entre 30 et 60 opérations quotidiennes d'assistance » en juillet et août. Deux événements majeurs ont marqué 2025 : la visite du pape en Corse et la Conférence des Nations unies sur l'océan à Nice (9-13 juin 2025). Cette dernière a mobilisé « plus de 350 agents et près d'une quarantaine d'embarcations pour assurer la protection en mer des activités ».

Gérer la présence de drones

La menace des drones est prise très au sérieux. « Comme c'est une menace évolutive, nous expérimentons pour pouvoir apprendre à lutter toujours plus efficacement », indique l'amiral, sans détailler les méthodes. Des détections ont eu lieu, certaines menant à des interpellations. Cependant, la plupart des cas relèvent de la méconnaissance des zones interdites de survol autour de la base navale de Toulon.

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