Pendant six ans, de 2019 à 2025, Évariste N., 69 ans, a envoyé des dizaines de lettres à des prêtres retraités, leur racontant de faux drames personnels pour solliciter leur aide financière. Il affirmait notamment être menacé d'expulsion, avoir subi un AVC, devoir financer les obsèques de son fils ou encore faire face à la tentative de suicide de sa fille. Émus, une trentaine d'ecclésiastiques lui ont versé plus de 230.000 euros au total.
Des mensonges jugés insuffisants pour caractériser une escroquerie
Selon RTL, le tribunal correctionnel de Paris a toutefois estimé que ces mensonges ne suffisaient pas à caractériser une escroquerie. Les juges ont relevé que le prévenu n'avait utilisé ni faux documents, ni faux certificats, ni intervention de tiers pour convaincre ses victimes. La simple répétition de mensonges, même ciblant des personnes âgées, ne constitue donc pas des "manœuvres frauduleuses" au regard de la jurisprudence.
L'abus de faiblesse également écarté
Les magistrats ont également refusé de requalifier les faits en abus de faiblesse, estimant que les sommes versées par chaque prêtre, prises individuellement, ne constituaient pas un grave préjudice. Son épouse, poursuivie pour recel, a elle aussi été relaxée.
Lors de son procès, le sexagénaire avait reconnu aimer "prendre un verre". L'enquête a établi qu'il vivait largement grâce aux dons obtenus auprès des prêtres, qui lui assuraient un revenu moyen d'environ 2.800 euros par mois sur la période concernée.



