Les Rencontres d'Arles, festival international de la photographie, ont dévoilé le thème de leur édition 2026 : un focus sur la photographie ghanéenne comme arme de lutte contre l'impérialisme. L'annonce a été faite le 10 juillet 2026 par la direction du festival, qui souhaite mettre en avant des artistes africains utilisant leur art pour déconstruire les récits coloniaux.
Un programme centré sur le Ghana
L'édition 2026, qui se déroulera du 4 juillet au 25 septembre, proposera une série d'expositions, de conférences et d'ateliers dédiés à la scène photographique ghanéenne. Selon les organisateurs, plus de 40 photographes ghanéens seront présentés, dont certains inédits en Europe. Le festival ambitionne de montrer comment la photographie a été utilisée au Ghana pour résister à l'impérialisme culturel et politique, notamment pendant la période post-indépendance.
Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d'Arles, a déclaré : « Nous voulons montrer que la photographie n'est pas seulement un art, mais aussi un outil de résistance et de construction identitaire. Le Ghana a une histoire riche de photographes qui ont documenté la lutte pour l'indépendance et la construction de la nation. »
Des artistes engagés
Parmi les artistes annoncés figurent James Barnor, figure historique de la photographie ghanéenne, et des talents contemporains comme Nana Kofi Acquah. Barnor, âgé de 95 ans, est connu pour ses portraits de la vie à Accra dans les années 1950 et 1960, capturant l'optimisme de l'indépendance. Acquah, quant à lui, explore les thèmes de la diaspora et de l'identité postcoloniale à travers des mises en scène colorées.
Le festival prévoit également une exposition collective intitulée « L'œil décolonial », qui réunira des œuvres de photographes de tout le continent africain. Cette exposition sera accompagnée d'un symposium sur le rôle de la photographie dans les mouvements de libération, en présence d'historiens de l'art et de militants.
Un partenariat avec des institutions ghanéennes
Les Rencontres d'Arles 2026 ont noué un partenariat avec le Musée national du Ghana et l'Université du Ghana. Ce partenariat permettra d'organiser des échanges entre artistes arlésiens et ghanéens, ainsi que des résidences de création. Selon le communiqué du festival, 15 bourses seront offertes à de jeunes photographes ghanéens pour participer aux ateliers d'Arles.
Cette édition s'inscrit dans une volonté du festival de diversifier ses programmations et de questionner les héritages coloniaux dans l'art. En 2025, les Rencontres d'Arles avaient déjà mis à l'honneur la photographie latino-américaine, avec un accent sur les luttes indigènes.
Impact attendu
Les organisateurs espèrent attirer 150 000 visiteurs, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2025. Le budget alloué à cette édition est de 8 millions d'euros, dont 2 millions dédiés aux projets ghanéens. Le festival prévoit également une diffusion en ligne des conférences pour toucher un public international.
Cette initiative est saluée par de nombreux critiques d'art, qui y voient une reconnaissance nécessaire de la photographie africaine. « C'est une étape importante pour décentrer le regard occidental et donner la parole aux artistes du Sud global », a commenté l'historienne de l'art Fatimah Tobing Rony.



