Un collectif de juristes et d'anciens magistrats lance un appel à une mobilisation générale pour sauver la Cour pénale internationale (CPI), menacée par des sanctions américaines et une grave crise de financement. Dans une tribune publiée par Libération, les signataires dénoncent une « attaque sans précédent » contre l'institution de La Haye, qui risquerait de compromettre la lutte contre l'impunité des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides.
Des sanctions américaines qui paralysent la CPI
Les États-Unis, sous l'administration Trump, ont imposé des sanctions économiques et des restrictions de visa contre des juges et procureurs de la CPI, en représailles à l'ouverture d'enquêtes sur des ressortissants américains et alliés, notamment en Afghanistan. Ces mesures, qui incluent le gel d'avoirs, entravent gravement le fonctionnement de la Cour. Selon les signataires, « la CPI est aujourd'hui en danger de mort ».
Un financement insuffisant et des États qui se retirent
Outre les sanctions, la CPI fait face à un sous-financement chronique. Son budget annuel, d'environ 150 millions d'euros, est jugé insuffisant pour mener à bien ses enquêtes et procès. Plusieurs États, dont les Philippines et le Burundi, se sont retirés du Statut de Rome, affaiblissant encore la légitimité de la Cour. Les signataires appellent les États parties à augmenter leurs contributions et à résister aux pressions américaines.
Un appel à la mobilisation de la société civile
Le collectif estime que la défense de la CPI ne peut reposer uniquement sur les gouvernements. Il enjoint les citoyens, les ONG et les médias à se mobiliser pour exiger des mesures de protection de l'institution. « Il est temps que la société civile se lève pour défendre la justice internationale », écrivent-ils. La tribune intervient alors que la CPI doit juger prochainement plusieurs hauts responsables accusés de crimes de masse.
Un enjeu crucial pour la justice internationale
Pour les signataires, l'affaiblissement de la CPI aurait des conséquences désastreuses : « Sans CPI, les victimes de crimes atroces n'auront plus de recours. Les bourreaux agiront en toute impunité. » Ils rappellent que la Cour a déjà permis de condamner des criminels de guerre en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Mali. La mobilisation est donc vitale pour préserver cet acquis de la communauté internationale.



