Le gouvernement cherche à boucler le budget 2025 en puisant dans les réserves de la Sécurité sociale, à hauteur de 1,5 milliard d'euros. Cette mesure, dévoilée par Bercy, vise à réduire le déficit public, mais elle suscite de vives critiques de la part des syndicats et des défenseurs de la protection sociale.
Un prélèvement de 1,5 milliard d'euros
Selon le projet de loi de finances, l'État prévoit de ponctionner 1,5 milliard d'euros sur les caisses de la Sécurité sociale, notamment sur le Fonds de réserve pour les retraites et l'Assurance maladie. Cette somme représente environ 0,6 % des dépenses totales de la Sécurité sociale. Le gouvernement justifie ce choix par la nécessité de respecter les engagements européens de réduction du déficit public, qui devrait atteindre 5,1 % du PIB en 2025.
Les syndicats montent au créneau
Les organisations syndicales dénoncent une nouvelle fois ce qu'elles considèrent comme un détournement de fonds. « C'est un hold-up sur la Sécu ! » s'indigne Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, dans un communiqué. « Les caisses sociales ne sont pas une tirelire pour l'État. » La CGT appelle à une journée de mobilisation le 15 novembre prochain.
Un précédent contesté
Ce n'est pas la première fois que l'État puise dans les réserves sociales. En 2024, un prélèvement de 2 milliards d'euros avait déjà été opéré, suscitant une polémique. Selon un rapport de la Cour des comptes, ces ponctions répétées fragilisent le système de protection sociale à long terme. Le gouvernement, de son côté, assure que ces prélèvements sont exceptionnels et que les caisses seront remboursées à partir de 2026.
Un impact sur les assurés
Les conséquences pour les assurés sociaux pourraient être significatives. Les syndicats craignent une baisse des prestations ou une hausse des cotisations pour compenser ces prélèvements. « Derrière ces chiffres, ce sont des millions de Français qui risquent de perdre en pouvoir d'achat et en accès aux soins », avertit Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Le ministère de la Santé, interrogé, n'a pas souhaité commenter ces prévisions.
Le débat parlementaire s'annonce houleux
Le projet de loi de finances doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir du 20 octobre. Les oppositions, de gauche comme de droite, ont déjà annoncé des amendements pour supprimer ou réduire ce prélèvement. « Nous ne laisserons pas passer une telle mesure qui met en péril notre modèle social », déclare le député LFI Éric Coquerel. Le gouvernement devra également faire face à une possible motion de censure déposée par le groupe socialiste.



