Une menace grave pour l'ordre public
Xania Fedorova, ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France et figure médiatique prorusse, a reçu ce mercredi 29 juillet un arrêté ministériel d'expulsion. Le ministère de l'Intérieur a confirmé à l'AFP que son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État, justifiant cette mesure exceptionnelle. Selon les informations révélées par Libération, le document officiel précise que sa présence sur le territoire français constitue une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public.
Une chroniqueuse accusée d'être une agente russe
Xania Fedorova, régulièrement accusée de servir les intérêts du Kremlin, intervenait sur plusieurs médias appartenant à Vincent Bolloré, notamment CNews et des radios. Son style éditorial, systématiquement aligné sur les positions russes, lui avait valu d'être qualifiée d'agente russe par des responsables politiques comme Raphaël Glucksmann. Ce dernier avait réclamé qu'on lui retire le micro, dénonçant son rôle de relais de la propagande du Kremlin.
Dans l'arrêté d'expulsion, il est notamment écrit qu'en déployant ses narratifs, elle s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes. L'objectif de ces campagnes serait de déstabiliser l'ordre public en France, selon les termes du ministère. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues entre la France et la Russie, marqué par des accusations d'ingérence et de diffusion de fausses informations.
Une décision aux implications diplomatiques
L'expulsion de Xania Fedorova soulève des questions sur le traitement des figures médiatiques prorusses en Europe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, plusieurs pays ont pris des mesures similaires contre des personnalités accusées de servir les intérêts de Moscou. En France, cette affaire s'ajoute à une série de signalements et d'enquêtes sur l'influence russe dans les médias et la politique.
Selon une source proche du dossier, l'arrêté a été remis en main propre à l'intéressée, qui dispose d'un délai pour quitter le territoire. Aucune information n'a filtré sur ses projets ou sur une éventuelle contestation juridique. La chroniqueuse n'a pas encore réagi publiquement à cette décision.
Cette expulsion marque un tournant dans la lutte contre la désinformation en France, alors que les autorités multiplient les actions pour contrer les ingérences étrangères. Elle illustre également la détermination du gouvernement à protéger l'ordre public face à des campagnes de manipulation, selon les analystes.



