Finances universitaires : trésoreries en hausse masquent tensions
Trésoreries en hausse, tensions financières dans les universités

Le paradoxe financier des universités françaises se confirme. Selon un rapport de la Cour des comptes publié ce vendredi, les trésoreries des établissements d'enseignement supérieur ont globalement augmenté en 2025, atteignant un niveau record de 4,5 milliards d'euros, contre 4,2 milliards en 2024. Pourtant, cette hausse masque des situations financières de plus en plus tendues pour de nombreuses universités.

Un effet de caisse trompeur

La Cour des comptes souligne que l'augmentation de la trésorerie est en grande partie due à des facteurs exceptionnels, comme le versement anticipé de subventions de l'État ou des retards dans les paiements de fournisseurs. En réalité, le déficit global des universités s'est creusé, passant de 150 millions d'euros en 2024 à 200 millions en 2025. Près d'un tiers des établissements sont en situation de déficit structurel.

Des causes multiples

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation. La hausse des coûts de l'énergie, l'augmentation des salaires due au point d'indice de la fonction publique, et la baisse des ressources propres (frais de scolarité, formation continue) pèsent lourdement sur les budgets. Par ailleurs, les universités doivent faire face à des investissements importants pour la transition écologique et numérique.

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Le rapport pointe également du doigt la gestion parfois hasardeuse de certains établissements. Des universités ont ainsi utilisé leur trésorerie pour financer des dépenses de fonctionnement courantes, au lieu de la réserver pour des projets d'investissement. Cette pratique, bien que légale, fragilise leur situation financière à long terme.

Des disparités régionales

Les difficultés ne sont pas uniformes sur le territoire. Les universités de province, notamment celles situées dans des zones rurales ou en déclin démographique, sont particulièrement touchées. À l'inverse, les grands établissements parisiens, bénéficiant d'une attractivité forte et de ressources propres plus importantes, s'en sortent mieux. La Cour des comptes appelle à une réforme du financement des universités pour tenir compte de ces disparités.

Des pistes de solution

Parmi les recommandations, la Cour préconise une meilleure maîtrise des dépenses de personnel, qui représentent 75 % des budgets. Elle suggère également de renforcer l'autonomie des universités en matière de gestion financière, mais en contrepartie d'un contrôle accru de l'État. Enfin, elle propose de revoir le système de dotation, en intégrant des critères de performance et de besoins spécifiques.

Le ministère de l'Enseignement supérieur a déjà annoncé une enveloppe supplémentaire de 300 millions d'euros pour 2026, destinée à soutenir les universités en difficulté. Mais pour la Cour des comptes, ces mesures ne suffiront pas à résoudre les problèmes structurels. Un débat sur le modèle de financement des universités semble inévitable.

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