En 1587, après près de 19 ans de captivité, Marie Stuart, reine d'Écosse, est exécutée pour crime de lèse-majesté. Ce procès historique marque l'affrontement entre deux reines : Élisabeth Ire d'Angleterre et sa cousine catholique, accusée de comploter contre la couronne anglaise.
Les origines du conflit
Marie Stuart, héritière légitime du trône d'Angleterre aux yeux des catholiques, a toujours représenté une menace pour Élisabeth Ire. Après avoir fui l'Écosse en 1568, elle trouve refuge en Angleterre, mais est rapidement placée sous surveillance. Les nombreuses conspirations ourdies en son nom, notamment celle de Babington en 1586, précipitent sa perte.
Le procès pour lèse-majesté
En octobre 1586, Marie Stuart est jugée par une commission de 36 nobles anglais au château de Fotheringhay. L'accusation de haute trahison est fondée sur les lettres déchiffrées par le cryptographe Thomas Phelippes. Selon l'historienne Anna Whitelock, « le procès de Marie Stuart fut un tournant décisif dans l'affirmation de la souveraineté anglaise ». Le verdict, sans appel, est prononcé le 25 octobre : coupable, elle est condamnée à mort.
L'exécution et ses conséquences
Le 8 février 1587, Marie Stuart est décapitée à Fotheringhay. Son exécution provoque une onde de choc en Europe : Philippe II d'Espagne y voit un casus belli, tandis que Jacques VI d'Écosse, fils de Marie, protège diplomatiquement son héritage. Élisabeth Ire, oscillant entre soulagement et culpabilité, jette les bases de la légende noire de son règne.
Impact sur la monarchie anglaise
Cet événement consolide le pouvoir royal en Angleterre en affirmant le principe d'intangibilité du souverain. La lèse-majesté devient un crime absolu, utilisé pour éliminer toute contestation. L'exécution de Marie Stuart reste l'un des épisodes les plus controversés de l'histoire britannique, illustrant la dureté des luttes de pouvoir à la Renaissance.



