Au Rassemblement national, la thématique écologique a longtemps été marginalisée, les cadres du parti assumant de ne pas en faire l'un des thèmes centraux de la campagne présidentielle à venir. « L'élection portera sur nos thématiques : l'immigration, la sécurité et le pouvoir d'achat », assurait ainsi un député RN. Le réchauffement climatique et ses conséquences étaient délibérément écartés des débats, jugés moins porteurs électoralement.
Un sujet évité pendant des mois
Cette posture n'est pas nouvelle. Depuis la prise de fonction de Marine Le Pen à la tête du parti, les questions environnementales ont toujours été reléguées au second plan, jugées trop « écolos » ou incompatibles avec la défense du pouvoir d'achat et de la souveraineté. Les rares déclarations sur le climat visaient à critiquer les mesures écologiques du gouvernement, jugées trop coûteuses pour les ménages, plutôt qu'à proposer une alternative crédible.
Pourtant, la multiplication des épisodes de sécheresse et des incendies de forêt en France a progressivement imposé le sujet dans l'agenda politique. Mais le RN résistait, préférant se concentrer sur ses thèmes de prédilection : immigration, sécurité et identité nationale.
Les incendies changent la donne
Les incendies qui ravagent actuellement la Gironde et les Landes ont rebattu les cartes. En ce début d'été, les images des flammes dévorant des milliers d'hectares de forêt et menaçant habitations, sites touristiques et infrastructures ont suscité une vive émotion dans l'opinion. Forcé de réagir, Marine Le Pen s'est fendue d'un message sur son compte X, exprimant sa désolation face aux « images terribles des incendies qui ravagent la Gironde et les Landes [et] saisissent d'effroi tous les Français », et assurant de son soutien les familles touchées.
Cette réaction, perçue comme minimaliste par certains observateurs, intervient après plusieurs jours de silence pendant que le gouvernement déployait des moyens exceptionnels pour lutter contre le sinistre. Pour un parti qui aspire au pouvoir, cette absence de prise de position immédiate a été remarquée.
Une réaction tardive et minimaliste
Au-delà de ce message, le RN n'a pas encore présenté de mesures concrètes pour prévenir les incendies ou lutter contre le réchauffement climatique. Les critiques fusent parmi les écologistes et les partis de gauche, qui accusent le parti d'opportunisme politique. « Le RN ne peut pas prétendre défendre les Français tout en niant l'urgence climatique », a déclaré un porte-parole d'Europe Écologie Les Verts.
Pour autant, Marine Le Pen semble vouloir maintenir le cap : la question climatique ne sera pas la priorité de sa campagne. Les incendies de Gironde ont imposé un débat qu'elle aurait préféré éviter, mais sa stratégie reste inchangée : concentrer le discours sur les thèmes qui ont fait son succès auprès des électeurs.



