Le parquet de Paris a décidé de classer sans suite la plainte déposée à l'encontre de Charles Alloncle, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, pour des faits de prise illégale d'intérêts. Cette information a été confirmée par une source judiciaire, mettant un terme à plusieurs mois de procédure.
Les faits reprochés à Charles Alloncle
Charles Alloncle, qui a occupé le poste de conseiller à l'Élysée de 2017 à 2019, était visé par une plainte déposée par l'association Anticor. Celle-ci l'accusait d'avoir participé, en tant que membre du conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD), à des délibérations concernant des projets impliquant la société Foccart, pour laquelle il travaillait en tant que consultant.
Selon les informations rapportées par Le Monde, la plainte avait été déposée en 2021, après la publication d'enquêtes journalistiques révélant les liens entre Charles Alloncle et la société Foccart, spécialisée dans le conseil en affaires publiques. L'association Anticor estimait que ces liens constituaient une prise illégale d'intérêts, au sens de l'article 432-12 du code pénal.
Les raisons du classement sans suite
Dans sa décision, le parquet de Paris a estimé que les éléments constitutifs de l'infraction n'étaient pas réunis. Selon la source judiciaire, il n'a pas été établi que Charles Alloncle aurait personnellement participé aux délibérations litigieuses de l'AFD, ni qu'il aurait tiré un avantage personnel de ces situations.
Cette décision intervient après une enquête préliminaire menée par les services de police, qui ont entendu plusieurs témoins et procédé à des vérifications sur les modalités d'intervention de Charles Alloncle au sein de l'AFD. Les investigations n'ont pas permis de confirmer les accusations portées par Anticor.
La réaction d'Anticor
L'association Anticor, qui lutte contre la corruption et les manquements à l'éthique en politique, a fait part de sa déception. Dans un communiqué, elle a indiqué que ce classement sans suite ne remettait pas en cause la pertinence de ses alertes et a annoncé son intention de se constituer partie civile si une instruction était ouverte, bien que cette possibilité semble désormais compromise.
Selon les informations du Monde, Anticor dénonce un manque de volonté politique de poursuivre les membres de l'exécutif, et rappelle que plusieurs autres plaintes de l'association ont également été classées sans suite ces dernières années.
Le contexte politique et médiatique
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de vigilance accrue sur les conflits d'intérêts au sein de la majorité présidentielle. Charles Alloncle, qui a quitté l'Élysée en 2019 pour fonder sa propre société de conseil, a toujours nié les faits, affirmant avoir respecté les règles déontologiques en vigueur à l'époque.
Le classement sans suite de cette plainte intervient alors que le parquet national financier (PNF) avait été saisi par le parquet de Paris, mais ce dernier a finalement décidé de ne pas ouvrir d'information judiciaire. Cette décision met un terme à la procédure, sauf si un recours est exercé par les parties civiles.
Les implications juridiques
La prise illégale d'intérêts est un délit puni de cinq ans d'emprisonnement et de 500 000 euros d'amende. Elle vise à sanctionner le fait, pour une personne dépositaire de l'autorité publique, de prendre un intérêt dans une affaire qu'elle est chargée de surveiller ou de gérer.
Dans le cas de Charles Alloncle, le parquet a estimé que les conditions n'étaient pas remplies, en particulier parce que les délibérations de l'AFD auxquelles il aurait participé ne concernaient pas directement la société Foccart, ou qu'il n'avait pas un intérêt personnel direct dans ces décisions.
Les suites possibles
Les parties civiles, dont Anticor, disposent d'un délai de trois mois pour faire appel de cette décision en déposant une plainte directe auprès du doyen des juges d'instruction. Toutefois, cette procédure est rare et les chances de succès semblent limitées.
Charles Alloncle, de son côté, a salué cette décision, rappelant qu'il avait toujours eu un comportement irréprochable et que cette affaire avait été instrumentalisée à des fins médiatiques. Il a également souligné que son passage à l'Élysée avait été marqué par un engagement constant en faveur de la probité.
Cette affaire rappelle les débats récurrents sur la porosité entre les sphères politique et privée, et sur la nécessité de renforcer les contrôles en matière de conflits d'intérêts au sein des institutions publiques.



