Nouvelle adjointe à la culture de Toulon : Laurence Masson-Dubroc, une carrière dans le social
Nouvelle adjointe à la culture de Toulon : Laurence Masson-Dubroc

Publicité Enfance dans les Cévennes, depuis 30 ans à Toulon, carrière dans le social : qui est la nouvelle adjointe à la culture de Toulon ?

Si elle a fait toute sa carrière dans le social, la nouvelle adjointe à la culture de la maire de Toulon Josée Massi, amoureuse d’art, de danse et de théâtre, débarque en politique avec une conviction forte : faire de la culture un bien commun accessible à tous.

Laurence Masson-Dubroc, nouvelle adjointe à la culture, s’installe dans son bureau des Affaires culturelles, d’où elle domine le bas du Cours Lafayette d’un côté et fait face à la Frontale de l’autre. Elle l’avoue sans détour : derrière son grand sourire, elle n’est pas à l’aise avec l’exercice médiatique. Native d’un tout petit village des Cévennes, à quelques kilomètres de la Lozère où les hivers sont rudes, la toute nouvelle élue a gardé de son enfance une certaine discrétion et beaucoup de pudeur. Sur ces « terres de résistance, d’indépendance et d’austérité », elle grandit dans une famille aimante où la valeur travail était importante. Mais elle a très vite compris qu’il lui faudrait un équilibre entre cette rigueur et l’ailleurs.

Cet équilibre, la jeune Laurence le trouve d’abord dans la lecture et la danse. Mais le besoin de partir se fait pressant. Alors à 17 ans, son bac en poche, elle choisit Bordeaux pour y faire ses études. Une « grande ville. Et pas Montpellier, parce que c’était trop près ». Elle respire. Se forme dans le social. Parcourt les expositions. Et rencontre son mari, qui ne jure que par le Var. C’est ainsi que le couple débarque à Toulon en 1996, avec un nourrisson. Il n’en repartira jamais, séduit par « la mer, la taille de la ville, le métissage… Ce carrefour des possibles en tant que terre d’accueil et terre de départ. C’est une ville à part entière, avec une identité forte, qui mérite d’être plus connue, plus aimée. »

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Elle y devient rapidement directrice du Centre d’information sur le droit des femmes et des familles du Var, fonction qu’elle occupera pendant seize ans. Et y rencontre Josée Massi. « Elle était directrice d’une association, moi d’une autre. Au lieu d’être en concurrence, on a allié nos forces. C’est quelqu’un avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, mais aussi de voyager, d’aller à des expositions. C’est devenu une véritable amie. »

Lorsque la maire en place décide de partir en campagne, c’est donc tout naturellement que Laurence Masson-Dubroc accepte de l’accompagner. « Je partage ses valeurs et sa vision d’être attentive à chaque Toulonnais, des enfants aux seniors et dans tous les quartiers. » Et quand bien même, elle n’a jamais fait de politique, celle qui occupe aujourd’hui, à 59 ans, le poste de responsable administratif et financier du Centre départemental pour l’insertion sociale (Cedis), pose : « Je n’ai jamais été élue, mais je n’ai travaillé que dans des associations avec des missions d’intérêt général. Et à l’aune d’une retraite, peut-être que c’est une façon de m’engager autrement. »

Quant à la délégation qu’on lui a confiée, « c’est un défi passionnant, parce que la culture, c’est ce qui élève, ce qui relie et ce qui fait territoire, livre cette passionnée d’art contemporain, de danse et de théâtre. J’ai ce côté social, mais mon équilibre est toujours passé par la culture. Et je n’ai pas envie que certains manquent cela. Ça doit être un droit, une fierté et un moteur d’avenir. »

La nouvelle adjointe, qui se décrit comme quelqu’un « de médiation, d’une certaine sensibilité et d’une curiosité insatiable » a d’ailleurs une idée assez bien définie de ce qu’elle souhaiterait mettre en place. « Toulon possède un fort patrimoine, des infrastructures intéressantes, des événements culturels variés, des projets en cours… Il y a un vrai foisonnement artistique. Mais il faudra aller plus loin, notamment dans les quartiers. Et impliquer les habitants. Ne pas simplement consommer de la culture, mais y participer. » Mais, insiste celle qui préfère « travailler en équipe, et dans l’ombre » : « Je n’ai aucune prétention de tout savoir. J’apprends tous les jours. Et je mesure la tâche qui nous incombe à tous. »

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Que son petit village cévenol semble loin… « J’y retourne avec plaisir, commente l’élue. Mais je n’aurais pas pu y rester, c’était trop étriqué pour moi. » Loin des châtaigneraies du Gard profond, cette vie à 100 à l’heure risque bien de s’accélérer encore pour celle qui est aussi grand-mère d’un petit garçon de 18 mois. « Mais j’ai un mari à la retraite qui m’aide beaucoup », apprécie-t-elle. Elle s’arrête. Sourit. Puis, comme pour elle-même, glisse : « Qui aurait dit qu’un jour on serait là, Josée Massi comme moi… C’est quand même un destin incroyable. »