Réforme de la gouvernance du Mont-Saint-Michel : une gestion unifiée annoncée
Mont-Saint-Michel : gestion unifiée annoncée

Avec trois millions de visiteurs par an, le Mont-Saint-Michel est le site touristique le plus visité du pays hors Île-de-France. Mais qui va gérer ce monument majeur ? Mercredi, le Premier ministre a annoncé une « réforme de la gouvernance » de l’abbaye pour « permettre une meilleure gestion au quotidien ».

Fin de la gestion bicéphale

L’objectif : mettre fin à une gestion bicéphale du joyau de la Manche avec d’un côté le Centre des monuments nationaux (CMN), gérant l’abbaye, et de l’autre l’établissement public national du Mont-Saint-Michel (EPMSM), chargé des abords touristiques. Matignon annonce désormais que l’ensemble du site sera géré par une seule entité, l’établissement public national du Mont-Saint-Michel (EPMSM).

Des « doublons » pointés du doigt

Cette réforme était le souhait des élus normands, notamment le président de la région Normandie, Hervé Morin. L’an dernier, la Cour des comptes avait également épinglé cette gestion à deux têtes. Dans un rapport, elle avait estimé qu’elle nuisait « à la construction d’une politique touristique et culturelle d’ensemble ainsi qu’à l’amélioration des recettes ». Selon la Cour des comptes, cette gouvernance bloque « la nécessaire réduction des coûts alors que des doublons existent sur les missions de rayonnement ».

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« Sur la base des recommandations de la Cour des comptes, une réforme sera engagée, afin d’aller vers une gestion unifiée du Mont Saint-Michel, tout en préservant l’équilibre financier du Centre des monuments nationaux », a promis le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un message publié sur la plateforme X.

Le CMN en danger « de mort »

Mais l’éviction du CMN est un coup dur. Les syndicats craignent de voir l’instance perdre les recettes tirées des entrées de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et des financements publics liés à l’entretien du site, dont il dépend pour financer d’autres monuments. Ils dénoncent un choix « honteux et irresponsable » et appellent les agents du CMN à la grève jeudi, avec un rassemblement prévu devant le siège de l’établissement public à Paris.

« Cette décision rompt avec une conception nationale du patrimoine et constitue une véritable mise à mort du Centre des Monuments Nationaux. Elle porte le coup de grâce à l’ensemble de son réseau », ont averti la CGT, la CFDT et Sud Solidaires dans un communiqué commun. « On dépèce le Centre des monuments nationaux de l’un de ses monuments contributeurs au système de péréquation solidaire qui permet l’ouverture d’une centaine de monuments sur tout le territoire », a expliqué à l’AFP Jean-Elie Strappini, cosecrétaire général du syndicat CGT du CMN.

Actuellement, le Centre des monuments nationaux tire « 6 à 7 millions d’euros de bénéfices de l’exploitation de l’abbaye du Mont-Saint-Michel », explique-t-il. Il s’agit, selon lui, du deuxième contributeur du pot commun entre monuments, derrière l’Arc de Triomphe.

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