Cyril Piazza, 45 ans, professeur certifié de technologie, cumule les fonctions de maire de Peille et de président de la Communauté de communes du Pays des Paillons (CCPP). Réélu en mars 2026 avec une participation de près de 52 %, il dresse un bilan sans concession de la mandature Macron, qu'il juge « pas convaincante », et détaille les projets de sa commune dans un entretien accordé à Nice-Matin.
Un élan économique dans la vallée des Paillons
Le torréfacteur niçois Cafés indien a récemment installé un site de production à Peille, un signal positif pour Cyril Piazza. « Cela vient en continuité de l'installation de la Brasserie des Ligures », explique-t-il. Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement plus large : « Il y a un battement d'ailes de papillon », ajoute-t-il, en référence à l'extension des biscuits de Lorenzia inaugurée à Peillon il y a quelques jours.
Pour éviter que Peille ne devienne une cité-dortoir, le maire mise sur la vitalité associative : « On a une chance : c'est la force de nos associations. Nous avons l'association sportive et culturelle qui propose beaucoup d'activités pour les enfants. Nous avons aussi deux comités des fêtes et des traditions : un à La Grave, l'autre à Peille. » Il souligne que la proximité avec Monaco explique cette dynamique et que des enfants arrivent sur le village.
Tourisme durable et manifestations sportives
Cyril Piazza privilégie un tourisme durable, axé sur les randonneurs et les cyclistes : « Il ne faut pas aller vers un tourisme de masse. Je ne souhaite pas que demain, nous soyons une attraction touristique. » Le col de la Madone attire déjà de nombreux cyclistes, et la commune soutient la dynamique du VTT, avec des champions comme Nicolas Vouilloz ou Fabien Barel. Toutefois, il tempère : « Il ne faut pas que cela devienne trop impactant pour les habitants. »
En 2026, le passage de l'UTMB niçois a de nouveau suscité des tensions. Le maire avait interdit l'entrée du village aux participants : « Cette année, j'ai interdit qu'ils entrent dans le village, ils ont contourné malgré toutes les pressions que j'ai pu avoir. L'UTMB ne rapporte rien. » Il déplore le passage d'une « manifestation sportive de grande masse qui ne respecte pas les territoires ».
Eau, métropole et transports
Concernant la via ferrata fermée depuis 2017 après un accident, Cyril Piazza se dit prêt à la rouvrir sous conditions : « Il y a des rochers énormes qui tombent donc c'est pour la sécurité des personnes. Si demain, quoi qu'il se passe, l'utilisateur est responsable, ça ne me poserait aucun problème. »
Face à la sécheresse, la commune a créé la Société publique locale eaux de Peille, qui gère l'eau depuis le 1er janvier : « Je sais qu'on aura la capacité de gérer la ressource en eau. »
Sur les relations avec la Métropole Nice Côte d'Azur, il écarte toute fusion : « Nous ne sommes pas contre la Métropole, nous voulons rester notre territoire des Paillons, nous n'avons pas d'idée de fusion. » Il espère des « rapports normaux » avec Éric Ciotti, qui vient d'entamer un mandat.
Quant à la ligne 5 du tramway métropolitain à Drap, il y voit un atout : « C'est un outil qui permettra à nos populations d'aller plus facilement dans le cœur de Nice et d'améliorer les conditions de déplacements dans les Paillons. » Il alerte toutefois sur le « nœud Garigliano » à la sortie du pont de l'autoroute.
Critiques de la mandature Macron
Cyril Piazza, qui se définit comme « divers droite » et « centre droit », a été sur la liste de Dominique Estrosi-Sassone aux dernières élections sénatoriales. Il dresse un bilan sévère de la présidence Macron : « Les conséquences des mandatures Macron ne sont pas convaincantes. » Il dénonce notamment la suppression de la taxe d'habitation : « Les communes n'ont plus aujourd'hui qu'une variable pour équilibrer leur budget, c'est la taxe foncière. Nous ne sommes plus que sur des dotations fragiles. »
Il regrette que le président n'ait jamais exercé de mandat local : « Avoir des retours de problématiques du territoire par des fonctionnaires, ce n'est pas la même chose que de les ressentir au quotidien et de les gérer. » Pour l'élection présidentielle de 2027, il n'a pas de préférence : « Je sais que je n'irai pas aux extrêmes, des deux côtés. » Si le second tour opposait Le Pen et Mélenchon, il affirme : « Je réfléchirai longtemps. »
Dans son « coup de gueule », il lance : « Il est temps que la mandature Macron s'arrête. Et j'espère qu'on ne le reverra plus. Pendant la Covid, Macron nous a passé la brosse à reluire et après il nous a oubliés. » Il demande également la révision de la zéro artificialisation nette des sols et de la loi SRU.
Projets prioritaires pour Peille
Le maire détaille trois priorités. Le stationnement d'abord : le parking Mary-Garden, avec 96 places et des bornes de rechargement électrique, doit être fini pour la fin de l'année. « Il a du retard car les entreprises ont fait faillite », précise-t-il. Une petite salle d'animation rurale y sera également aménagée.
Le sport ensuite : la transformation du centre administratif en dojo Daniel-Cravea à la Grave de Peille est prévue pour janvier 2028. « Nous avions conventionné avec la Fédération française de judo qui devait financer 80 % et s'occuper des travaux. Finalement, elle nous a laissés en cours de route et la commune doit tout financer », dit-il, comptant sur des aides.
Enfin, les animations : la réhabilitation de la salle des fêtes de la Grave de Peille, pour que « nos aînés passent de belles après-midi », est programmée pour janvier 2029.