Journée mondiale des femmes : le monde s'arrête le 13 octobre
Le 13 octobre, les femmes invitées à tout arrêter

Le mouvement citoyen World with women appelle toutes les femmes de la planète à une journée de pause totale le mardi 13 octobre. Inspirée de l'exemple islandais de 1975, cette initiative vise à rendre visibles les inégalités et à promouvoir une société plus égalitaire.

Une journée pour tout arrêter

« Ce n'est pas une grève, c'est un mouvement citoyen. Nous invitons les femmes à poser un jour de congé et à tout arrêter, à ne pas s'occuper des enfants ou des personnes âgées. On arrête de consommer. On arrête tout », explique Marie Eloy, l'une des fondatrices du mouvement World with women. L'objectif est de démontrer l'importance du rôle des femmes dans le fonctionnement quotidien de la société.

L'idée a germé au printemps lors du congrès Change Now à Paris, dans l'esprit de plusieurs participantes. Le mouvement humaniste souhaite créer un rendez-vous mondial, une « grande pause » pour toutes les femmes. Pour l'heure, la notoriété de l'événement reste mesurée, mais les fondatrices espèrent un effet d'entraînement.

L'exemple islandais comme source d'inspiration

L'association française s'est directement inspirée de l'Islande. Le 24 octobre 1975, environ 90 % des femmes de l'île avaient tout arrêté, provoquant un basculement du quotidien du pays. « Grâce à cette journée d'octobre, l'Islande est devenu le pays le plus égalitaire au monde », assure Marie Eloy. Depuis, l'île et ses 400 000 habitants sont réputés parmi les plus heureux au monde, un lien de cause à effet selon les fondatrices.

« La source de toutes les crises, c'est l'absence de mixité. Regardez le monde aujourd'hui : 90 % des négociations de paix se font sans aucune femme. On ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas continuer dans un monde où la moitié de l'humanité est mise de côté », poursuit Marie Eloy. Cette ancienne journaliste française, créatrice du réseau « Bouge ta boîte », a contribué à mettre sur pied cette journée spéciale.

Un mouvement apartisan et fédérateur

« C'est une première édition, un début. Nous sommes des pionniers et des pionnières. Mais il y en aura d'autres », prévient la fondatrice. Elle insiste : elle n'est pas seule. « C'est un mouvement citoyen qui n'a pas de présidence et qui a été imaginé par des hommes et des femmes. Il est apartisan et aconfessionnel mais pas apolitique, car toutes nos revendications sont éminemment politiques. »

Interrogée sur la dimension féministe, Marie Eloy répond : « Nous voulons être fédérateurs. Être ensemble plutôt que de se diviser. » L'auteure du livre Les femmes sauveront-elles le monde ? (éditions Eyrolles) cite également l'exemple de l'Espagne, où cinq millions de femmes avaient défilé en mars 2018, permettant des avancées significatives sur les droits des femmes, notamment dans la lutte contre les violences.

Un réseau en expansion et des soutiens locaux

Encouragée par ces exemples, l'association a bâti en quelques mois un vaste réseau de comités locaux répartis dans une trentaine de villes françaises. L'action commence à s'exporter, avec une vingtaine de pays concernés par cette journée du mardi 13 octobre. « L'exemple de l'Islande mérite vraiment d'être connu. Grâce à ces femmes, les tâches invisibilisées sont devenues visibles. Imaginez un peu si toutes les femmes de France s'arrêtaient mardi. Les écoles fermeraient, ce serait une catastrophe à l'hôpital, dans les crèches, dans les maisons de retraite. Les hommes seraient paniqués », décrit Isabelle Ganon, porte-parole du comité de Rennes.

Après une carrière dans les ressources humaines, cette toute jeune retraitée s'engage auprès de World with women. « Je suis maman de deux enfants et je suis catastrophée par l'état de notre société. On voit une montée du masculinisme, un creusement des inégalités. Et on continue à détruire notre planète, sans penser à notre avenir et à celui de nos enfants. » Comme toutes les membres de l'association, Isabelle Ganon plaide pour une société offrant plus de places aux femmes.

« Dans les instances de décision, on ne dépasse jamais plus de 10 ou 15 % de femmes. On ne peut plus continuer. Notre monde est terrifiant et nos jeunes vont très mal », s'inquiète Marie Eloy.

Convergence des luttes et slogan percutant

Ce mardi, l'association sera en soutien des lycéens mobilisés dans les rues, pour une convergence des luttes. Le slogan est percutant : « Si les femmes s'arrêtent, le monde s'arrête. Si les femmes s'unissent, le monde se transforme. » Une utopie ? Parlez-en aux Islandaises.