Lecornu exige des tests anti-drogue inopinés dans les ministères
Lecornu exige des tests anti-drogue inopinés dans les ministères

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ordonné à ses ministres de procéder à des dépistages inopinés de leurs collaborateurs pour déceler une éventuelle consommation de stupéfiants au sein de l’État, selon une circulaire citée par Politico ce mercredi 17 juin 2026. Cette directive, que l’AFP a pu consulter, vise à imposer à l’administration les mêmes exigences qu’à la société civile dans la lutte contre le narcotrafic.

Une circulaire pour des tests salivaires obligatoires

Dans cette circulaire datée de mardi, le Premier ministre demande aux membres de son gouvernement « d’organiser […] des dépistages inopinés et obligatoires, sous la forme de tests salivaires » dans leurs cabinets, auprès des hauts fonctionnaires ou encore des agents ayant accès à des « informations sensibles » ou porteurs d’une « habilitation », notamment dans les domaines de la défense ou de la sécurité. L’objectif est de détecter toute consommation de stupéfiants qui pourrait constituer une vulnérabilité.

Car, explique-t-il, la consommation de stupéfiants par des agents publics « constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l’impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d’être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d’ingérence ». Et donc « la plus grande vigilance est requise ».

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Un précédent au cabinet du Premier ministre

Un dépistage inopiné a d’ailleurs été organisé au sein du cabinet du Premier ministre il y a environ deux semaines. Selon Le Canard Enchaîné daté du 17 février, un membre du cabinet du Premier ministre, conseiller sur les questions agricoles déjà en poste avant Sébastien Lecornu, avait dû être exfiltré de Matignon pour consommation de drogue fin 2025. Ce précédent a probablement accéléré la mise en place de ces mesures.

L’entourage du Premier ministre justifie cette initiative : l’État « ne peut pas mener une politique claire contre le narcotrafic et ses conséquences dans la société sans s’imposer à lui-même les mêmes exigences ». Il ajoute : « C’est une exigence d’exemplarité et de sécurité proportionnée aux responsabilités exercées. »

Mise en œuvre et conséquences

Les ministres devront établir la liste des emplois « susceptibles d’être soumis à un dépistage régulier », dans un plan d’action qui sera remonté au chef du gouvernement « avant le 26 juin ». Si le résultat est positif, les ministres pourront apprécier les conséquences « y compris sur un plan disciplinaire » et orienter les consommateurs « vers des structures de soins ». Cette mesure vise à concilier répression et accompagnement.

Cette décision intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le narcotrafic, où l’exécutif entend montrer l’exemple. Les syndicats et associations de défense des droits des agents publics pourraient toutefois s’interroger sur le respect des libertés individuelles et la proportionnalité de ces contrôles.

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