La Tour-sur-Tinée : le maire Thierry Roux veut tourner la page Alex
La Tour-sur-Tinée : Thierry Roux veut tourner la page Alex

Thierry Roux, maire de La Tour-sur-Tinée depuis 2020 et président du Sivom de la Tinée, a annoncé la fin des chantiers de reconstruction liés à la tempête Alex. Dans un entretien, il détaille ses priorités : création d'un nouveau quartier à Roussillon, rénovation du patrimoine, soutien à l'agriculture et meilleure coopération entre les communes de la vallée. La commune, qui compte 546 habitants, dispose d'un budget d'environ deux millions d'euros.

Une page Alex tournée, mais des défis persistent

« On avait un goût d'inachevé avec la tempête Alex », explique Thierry Roux. Les dégâts avaient été importants, avec deux quartiers entièrement emportés à Roussillon. « La semaine dernière, le dernier chantier de reconstruction s'est achevé et nous avons officiellement tourné la page. » Le maire estime que la commune est « incontestablement mieux armée » pour faire face à de tels phénomènes. Il souhaite désormais « mener à bien toutes les choses qu'on n'a pas pu faire ».

Mais la commune peine à attirer de nouveaux habitants. « Nous n'arrivons pas à proposer du logement », déplore-t-il. L'école a perdu une classe, passant d'une soixantaine d'élèves à 29 en quelques années. La commune compte 10 % de logements vacants et tente d'en récupérer une partie pour les restaurer. Une maison à Roussillon est en cours de rénovation pour être mise sur le marché.

Coopération et rivalités dans la Tinée

Thierry Roux plaide pour une meilleure coopération entre les communes de la vallée, notamment avec Utelle, Clans et Marie, pour créer des événements de tourisme raisonné. « Mais il faut parvenir à travailler en cohésion et c'est compliqué », reconnaît-il. Il pointe « une rivalité mal placée » due à la recherche de subventions par des villes de taille différente. Il espère que la Métropole, avec sa nouvelle équipe, pourra être « le vecteur » de cette cohésion, ce qui n'a pas été le cas lors du précédent mandat.

Le risque d'éboulement reste préoccupant. « On s'aperçoit qu'il y a de plus en plus d'éboulements importants dans la Tinée, et on sait que ça va se reproduire », alerte le maire. Des dispositifs de protection ont été installés et la route a été déviée à certains endroits. Mais la Métropole a été alertée sur l'entretien obligatoire de la route RM32 reliant La Tour à Utelle, sans réponse pour l'instant.

Trois priorités pour le mandat

Le maire a défini trois priorités. La première est la création d'un nouveau quartier sur la zone du Pré Cardon, à Roussillon, sur un terrain de 3 hectares. Le projet, qui doit être soumis au PLUm, prévoit une dizaine de logements, avec la rénovation d'un bâtiment en pierre et la création de petits bâtis, tout en préservant les deux tiers du terrain en espace naturel.

La deuxième priorité concerne la rénovation du patrimoine religieux et historique de La Tour : deux églises, deux chapelles, un moulin à huile, un moulin à farine et un lavoir. « Rien que le diagnostic pour estimer les travaux, c'est déjà 50 000 euros », précise Thierry Roux. Soutenu par le Département et l'État, le projet prend du temps, notamment pour l'église de La Tour, qui subit des infiltrations d'eau.

La troisième priorité est l'agriculture. La commune a acquis une propriété agricole de 27 hectares entre les deux villages pour 250 000 euros. Un appel à candidatures est lancé pour installer un ou plusieurs agriculteurs ou éleveurs, avec l'ambition de développer l'économie circulaire et de proposer des emplois aux jeunes.

Un coup de cœur et un coup de gueule

Thierry Roux se félicite des manifestations culturelles qui ont attiré du monde : la fête de la graine, une soirée d'observation des étoiles et l'ultra trail. « Chez nous, on a fait trois mois d'activité des commerçants en une seule journée », souligne-t-il, contrairement aux communes qui s'en plaignent.

Son coup de gueule concerne la traversée du village de La Tour, un projet initié par son prédécesseur et prêt depuis 2018. Le coût est estimé à 700 000 euros, avec une participation de la commune à hauteur de 200 000 euros. « D'une année sur l'autre, la Métropole le repousse et on regarde cela comme une lueur qui s'éloigne », déplore-t-il, estimant que c'est important pour la crédibilité de la commune et de la Métropole.