Le DJ français Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, est décédé à l’âge de 50 ans. Il a été retrouvé sans vie mardi soir à son domicile parisien, a-t-on appris de source proche de l’enquête. Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort, précisant qu’aucun élément suspect n’avait été découvert sur place par les primo-intervenants. Figure emblématique de la French Touch, Kavinsky était mondialement connu pour son tube « Nightcall », remis en lumière lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris en 2024.
Une vague d’hommages de la scène musicale
Depuis l’annonce de sa disparition, une pluie d’hommages salue le talent unique de l’artiste. Le président de la République, Emmanuel Macron, a qualifié Kavinsky de « fierté française pour toujours » dans une publication sur Instagram. La star canadienne The Weeknd, qui avait repris « Odd Look » sur son premier album, a écrit sur le même réseau social : « Tu as été une source d’inspiration pour tant de personnes, moi y compris. Je continuerai à honorer ton nom et ta musique. »
Jean-Michel Jarre, figure tutélaire de l’électro française, a loué auprès de l’AFP la « sensibilité » d’un artiste à l’univers « immédiatement reconnaissable ». « Je l’ai toujours considéré comme un petit frère », a-t-il confié. Le compositeur français Carpenter Brut a souligné l’influence de Kavinsky : « Il m’a indirectement mis le pied à l’étrier. Il a été l’instigateur du courant synthwave en réutilisant ces sonorités-là. »
Un style forgé dans les années 2000
Kavinsky était passionné par les synthétiseurs populaires des années 80, ensuite ringardisés, et avait réussi à les dépoussiérer avec des batteries et des productions compressées. Son style, truffé de références cinématographiques, est immédiatement reconnaissable. Baigné dans le microcosme électro parisien en pleine effervescence au tournant du siècle, il appartenait à la French Touch aux côtés d’Air, Justice et Daft Punk, dont il a assuré des premières parties.
Sébastien Tellier, autre figure de ce mouvement, a partagé son émotion : « On a partagé tellement de choses ensemble depuis si longtemps, des disques, des films, des clips, des fous rires et des soirées sans fin ! […] Tu étais et tu resteras une légende. » Kavinsky s’est aussi frotté au rap en collaborant avec Rim’k sur « Chef de famille » (2012) et est apparu dans des films décalés réalisés par Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo.
« Nightcall », un titre entré dans la légende
La disparition soudaine de Vincent Belorgey braque la lumière sur ce musicien de l’ombre. Pianiste autodidacte originaire de Seine-Saint-Denis, il s’était lancé au début des années 2000 en multipliant projets courts et expériences live. Autour de son double artistique, il avait construit une légende rétro-futuriste : celle d’un pilote de course disparu dans un accident en 1986 à Los Angeles, puis revenu d’entre les morts.
Sorti en 2010, « Nightcall » est interprété par la chanteuse brésilienne Lovefoxxx et coproduit par Guy-Manuel de Homem-Christo, moitié de Daft Punk. Atmosphère assombrie et tempo ralenti, le titre phare évoque un mystérieux appel nocturne et incarne l’imaginaire de l’artiste. Un an plus tard, la chanson se retrouve sur la bande originale de « Drive », thriller avec Ryan Gosling, apportant à Kavinsky une reconnaissance internationale. En Angleterre, le groupe London Grammar en a donné une version envoûtante.
Deux albums studio et un retour olympique
Kavinsky n’a sorti que deux albums studio : « OutRun » en 2013, en lien avec un jeu vidéo automobile, puis « Reborn » en 2022. Sous les radars, il était revenu en force en août 2024 pour la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris. Au Stade de France, il avait joué « Nightcall » dans une version plus pop avec Phoenix et Angèle, dans l’un des moments marquants de la soirée. La star belge a réagi sur Instagram : « Immense tristesse. Merci de m’avoir permis de vivre ce moment inoubliable sur scène avec toi. »
Le Comité national olympique et sportif français a salué sur X « la mémoire d’un artiste qui aura contribué au rayonnement de la culture française ». La disparition de Kavinsky laisse un vide immense dans le paysage musical, mais son héritage perdurera à travers ses morceaux intemporels.



