Au très haut niveau, la différence se joue sur de petits détails. Cette fois, ils n’ont pas souri à Pierre Mortefon, le week-end dernier à Fuerteventura, en Espagne. Le triple champion du monde de slalom X et foil (2024, 2019 et 2016) a dû se contenter de la médaille d’argent, comme en 2015 et 2016, une performance qui illustre sa régularité exceptionnelle. Le véliplanchiste de Pérols, dans l’Hérault, a livré un combat acharné face à l’Italien Matteo Iachino.
Un début de compétition en dedans
« C’était du gros sport, et c’était bien, alors bien sûr il y a un peu de déception, c’est un objectif qui n’est pas accompli, il ne faut pas se mentir. Mais d’un autre côté, je n’ai rien lâché jusqu’à la fin, j’ai mis la pression. Il y a des choses à revoir et beaucoup à ne pas revoir », a déclaré l’athlète de 37 ans. Ses regrets viennent du début de la compétition, où il n’a pas été au niveau de son rival italien, prenant du retard. « Il a commencé parfaitement les quatre premières manches et du coup j’ai pris forcément un peu de retard, un peu de pression, et à l’inverse peu de confiance », détaille le licencié au CN Corbières dans l’Aude.
Fort de son expérience, Mortefon n’a pas lâché au fil des cinq jours de course. « J’ai bien tenu la barre, et petit à petit les choses se sont bien mises en place de mon côté, et ça s’est inversé, pour qu’on finisse à la fin très serré sur la dernière course. Il fallait que je remporte la première, pour garder un espoir de victoire et sur la deuxième et que je mette quatre places d’écart entre lui et moi, chose que je n’ai pas faite », racontait-il, regrettant de ne pas avoir comblé l’écart malgré quatre manches remportées consécutivement.
Des conditions extrêmes à Sotavento
Les compétiteurs ont évolué dans des conditions plus que difficiles sur le spot de Sotavento. « Si ce ne sont pas les plus dures que j’ai eues, ce n’était pas loin. On a eu beaucoup de vent, ça c’est habituel mais aussi beaucoup de mer aussi. Il y avait de la houle, et ça faisait un cocktail bien explosif. Surtout qu’avant les cinq jours de course, on a eu une semaine d’entraînement avant et ça fait quand même un beau bloc de navigation », a expliqué Mortefon. Ces éléments ont ajouté à la difficulté de la compétition et ont mis à l’épreuve la résistance des athlètes.
Objectif revanche en Allemagne et au Japon
Après cet effort, le véliplanchiste formé à Port-la-Nouvelle va profiter d’une période de repos en famille avant d’enchaîner avec les deux derniers rendez-vous de la saison sur le slalom foil : à Sykt, en Allemagne, fin septembre, et à Yokosuka, au Japon, fin octobre. L’ambition est claire : prendre sa revanche. « Le fait qu’il y a eu ce revirement de situation en fin d’épreuve, que ce soit moi qui remette la pression en gagnant les quatre dernières courses, ça envoie un petit signal », estime-t-il.
Mortefon aura également plus de temps pour s’habituer à son nouveau matériel, car il a changé d’équipementier à l’intersaison. « Tout cela a pu avoir son incidence quand ça se joue sur des détails mais ce n’est pas une excuse. Désormais avec North Sails, j’ai un gros groupe derrière moi et l’idée c’est de m’inscrire dans la stabilité avec eux », a-t-il conclu, espérant passer de l’argent à l’or lors des prochaines épreuves.



