Le tribunal correctionnel de Montpellier a rendu son verdict le vendredi 23 juillet 2026 dans une affaire de violences conjugales qui a mis en lumière la complexité des décisions judiciaires lorsqu’une victime demande clémence pour l’agresseur, père de ses enfants. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, a été reconnu coupable d’avoir jeté une tasse de café froid sur son ex-compagne pendant qu’elle allaitait leur enfant de deux ans.
Un geste de violence pendant l’allaitement
Les faits se sont déroulés le 21 juin 2026, vers 19 heures, au domicile de la victime, situé à Montpellier. Selon le récit rapporté lors de l’audience, l’homme s’est présenté chez son ex-compagne pour voir leurs enfants. Elle a refusé qu’il passe la nuit sur place, ce qui a déclenché sa colère. Il lui a alors asséné une gifle, lui a pincé le mollet et a jeté une tasse de café froid ainsi qu’une serviette en direction de la jeune femme, alors qu’elle allaitait leur bambin. En réaction, elle a lancé une bouteille d’eau sur lui et a immédiatement composé le 17.
À l’arrivée des policiers, ceux-ci ont constaté des ecchymoses sur la jambe et le cou de la victime, ainsi que des traces de café sur son visage. L’agresseur a été interpellé sans difficulté dans la cage d’escalier de l’immeuble. Il était en possession d’un Opinel, qui a été détruit sur place par les forces de l’ordre.
Le prévenu reconnaît les faits
Jugé en comparution immédiate, le trentenaire a plaidé coupable. Tout au long de l’audience, il n’a cessé de répéter : « Je m’excuse sincèrement, ça ne se reproduira plus. » Il a également exprimé son inquiétude de ne plus pouvoir être hébergé chez ses parents. Quant au couteau, il a assuré qu’il « servait pour la pêche ».
Son casier judiciaire, chargé, comporte huit condamnations entre 2009 et 2016, dont une pour violences aggravées et une pour agression sexuelle. Face au tribunal, il a tenté de montrer sa bonne foi : « Je me suis remis en question, j’ai arrêté de fréquenter les gens qu’il ne fallait pas et je m’occupe des enfants. »
La victime plaide pour une peine sans prison
Présente à l’audience, la victime ne s’est pas constituée partie civile. À la barre, elle a confirmé les déclarations de son ex-compagnon, affirmant qu’elle l’avait trouvé « pas comme d’habitude » au moment des faits. En larmes, elle a supplié les juges de ne pas l’incarcérer, estimant qu’une peine de prison serait « trop grave pour les enfants, qui seront privés de leur père ». Elle a demandé qu’il soit simplement interdit de paraître à son domicile.
La procureure de la République a rappelé que la lutte contre les violences conjugales constitue une priorité nationale. Elle a requis 18 mois d’emprisonnement, dont six avec sursis probatoire, avec exécution provisoire, une interdiction de paraître au domicile de la victime, un stage de sensibilisation aux violences conjugales et une obligation de soins psychologiques.
Des réquisitions lourdes, une peine allégée
L’avocat de la défense a vivement contesté les réquisitions : « Il ne faut pas pousser le trait parce que c’est une cause nationale. Il faut être juste et vous n’avez pas de justesse », a-t-il lancé à la procureure, avant de plaider pour une peine sans incarcération.
Le tribunal a suivi cette voie. L’homme a été condamné à une interdiction de paraître au domicile de son ex-compagne, à un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales et à une interdiction de détenir ou porter une arme. Aucune peine de prison ferme n’a été prononcée, conformément au souhait exprimé par la victime quelques minutes plus tôt. Cette décision suscite des réactions contrastées, entre soulagement pour la mère de famille et interrogation sur la prise en compte de la récidive potentielle.



