Le Nissa Rugby est sous la menace d'une relégation administrative ce vendredi 24 juillet 2026. Le club doit passer à 9h30 en visioconférence devant l'Autorité de Régulation (A2R), le gendarme financier du rugby, pour présenter des garanties financières pour la saison en Pro D2. Selon les informations, il manquerait environ 2,5 millions d'euros pour boucler un budget d'un peu plus de 10 millions d'euros, un trou financier probablement rédhibitoire.
La Ville de Nice fait un pas
Alors que la communication entre les dirigeants de la SASP et la Ville de Nice était au point mort depuis plusieurs semaines, le maire Eric Ciotti a envoyé ce jeudi un courrier à Jean-Baptiste Aldigé, l'ex-président du club qui a démissionné vendredi dernier, en même temps que le président de l'association, Patrice Prévot. Dans ce courrier, Eric Ciotti rappelle que « la Ville est allée au maximum de ce qu'elle pouvait légalement accorder en matière de subventions » et qu'« il n'était donc juridiquement pas possible d'aller au-delà ». Selon ses chiffres, la Ville a consacré cette saison plus de 3,5 millions d'euros au Nissa Rugby, au travers des subventions et des investissements sur les équipements du stade.
Le maire propose néanmoins une avancée : « la Ville réaffirme son engagement en s'engageant à réaliser, dès septembre 2027, une tribune permanente contenant 1 400 places d'hospitalités ». Il précise qu'il ne s'agira pas d'une installation provisoire, mais d'un équipement pérenne, destiné à offrir au club un modèle économique plus solide. Cette tribune constituerait la première étape d'un projet de stade, avec une possible seconde phase si le club accède au Top 14 et s'y maintient durablement.
Le club en attendait plus
Selon nos informations, le club attendait un projet concret de stade à l'horizon 2029, comme l'avait laissé entendre Eric Ciotti début juin lors d'une cérémonie à la villa Masséna. Il avait alors déclaré : « Ce stade, on en parle depuis des années, mais il n'avait véritablement jamais été décidé. Aujourd'hui, c'est chose faite […]. C'est un stade qui comportera autour de 12 000 places, qui s'installera sur l'emplacement actuel du stade Marcel-Volot et qui devrait être terminé pour la saison 2029-2030. »
Dans son courrier, le maire explique vouloir avancer par paliers et précise que « la réalisation d'un équipement d'une capacité supérieure ne se justifierait pas au regard de la fréquentation constatée ». Malgré une capacité actuelle d'environ 3 000 places et la gratuité de nombreuses rencontres, le stade n'a pas toujours affiché complet la saison écoulée. La Ville s'engage aussi à maintenir le même montant d'aides que cette année jusqu'à la livraison de la nouvelle tribune.
Une main tendue jugée insuffisante
Benoît Kandel, l'adjoint aux Sports de la Ville de Nice, a déclaré : « Il faut que l'actionnaire prenne ses responsabilités pour porter le projet 2026/27. On est prêt à accompagner le club sur la durée. Mais on a fait le maximum possible. Juridiquement, on ne peut pas faire plus. Il faut accepter la main tendue par la mairie. C'est à prendre ou à laisser. »
Le club, de son côté, semble insatisfait de cette proposition. Le trou financier de 2,5 millions d'euros résulte en grande partie d'un projet de tribune « hospitalités » éphémère qui devait être livré au 15 août et qui est resté dans les cartons, entraînant un manque à gagner de 1,2 à 1,5 million d'euros.
La décision de l'A2R est attendue dans la journée de vendredi. Si le club est relégué administrativement, ce qui semble le plus probable, les dirigeants feront appel, ce qui laissera quinze jours pour trouver une solution viable pour l'avenir.



