Alors que la réforme de la facturation électronique s'apprête à transformer le paysage des transactions commerciales en France, deux entreprises varoises, Evoliz et Weproc, se positionnent pour tirer parti de ce gigantesque marché. Fortes d'une expertise développée depuis plusieurs années dans la gestion des achats et la facturation, elles figurent parmi la centaine d'acteurs agréés par Bercy pour communiquer avec le portail public de facturation.
Weproc : une plateforme déjà opérationnelle
Dans les locaux de Weproc à Toulon, l'effervescence est palpable. La PME, spécialisée depuis 2019 dans la digitalisation des achats en entreprise, fait partie des rares entreprises de la région (avec la Niçoise VosFactures ou l'Aixoise BC solutions) à figurer sur la « short list » des plateformes agréées. « Nous sommes actuellement en phase pilote à la demande de l'État, mais notre produit est déjà sorti depuis 10 jours. Les entreprises peuvent s'y référencer pour recevoir des factures de fournisseurs, voire en émettre, même si cette partie est moins obligatoire. Mais 60 % de notre base client sont inscrits sur l'annuaire », explique Steven Oziol, PDG et cofondateur.
Weproc, reconnue dans l'univers de la gestion des achats, envisage de recruter pour accompagner le passage à la facturation électronique. De nombreux prestataires de services et éditeurs de logiciels de gestion, qui n'ont pas les moyens de développer une plateforme agréée, devront faire appel à des outils comme ceux de Weproc. « Nous agissons beaucoup en marque grise », ajoute Steven Oziol, précisant que les fournisseurs d'outils de gestion intègrent Weproc comme opérateur agréé dans leur solution, garantissant ainsi la sécurité des flux, cœur de métier de la pépite toulonnaise.
Evoliz : une croissance ciblée grâce à la réforme
De son côté, Evoliz, basée à La Garde, mise sur la réforme pour doubler son nombre d'utilisateurs. L'éditeur de logiciels de facturation et de gestion pour TPE, PME et indépendants, fondé en 2010, s'appuie sur la plateforme agréée Chaintrust, développée par le groupe norvégien Visma, qu'il a rejoint en 2025. « À partir du 16 juin, nous avons basculé nos clients sur de nouvelles formules, sans modifier nos tarifs », annonce Frédéric Martinez, directeur marketing.
Evoliz, qui revendique 46 000 utilisateurs et un chiffre d'affaires en croissance régulière de 20 à 30 % par an, organise des webinaires en série et a mis en place un système de réponses aux questions en direct pour rassurer ses clients. « Nous souhaitons les voir dans une sérénité absolue par rapport à cette réforme. Nous leur communiquons les informations nécessaires pour s'inscrire sur la plateforme », ajoute Frédéric Martinez. L'entreprise, en pleine refonte de son identité de marque et en plein déménagement, compte sur son expertise développée depuis plus de dix ans pour conquérir de nouveaux marchés. « Aujourd'hui, la réforme peut être vue comme une contrainte, mais cela signifie aussi traçabilité, moins de relances, des données plus fiables », conclut-il.



