Les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes, prévues le 27 juin 2026, s'annoncent sous haute tension. La candidature d'Éric Ciotti, député et président des Républicains, ainsi que la présence de Michèle Tabarot, sénatrice sortante, cristallisent les divisions au sein de la droite locale. Selon plusieurs observateurs, cette élection pourrait redessiner le paysage politique du département.
Un contexte politique tendu
Les Alpes-Maritimes sont un bastion historique de la droite, mais les récentes dissensions internes fragilisent l'unité du parti. Éric Ciotti, figure nationale, brigue un siège au Sénat après avoir perdu la présidence de son parti en 2023. Sa candidature est perçue comme une tentative de reconquête, mais elle suscite des oppositions au sein même de son camp. Michèle Tabarot, sénatrice depuis 2008, représente une aile plus modérée, et son maintien pourrait diviser les voix de droite.
Selon un sondage local réalisé par l'Ifop pour le compte de la mairie de Nice, 42 % des électeurs de droite se disent indécis, ce qui témoigne de l'incertitude ambiante. « Cette élection est un test pour la droite locale, mais aussi pour la capacité de Ciotti à rassembler au-delà de son camp », analyse un politologue niçois.
Les enjeux des sénatoriales
Les sénatoriales dans les Alpes-Maritimes se jouent principalement sur le terrain des grands électeurs, majoritairement des maires et des conseillers municipaux. Sur les 1 524 grands électeurs du département, environ 60 % sont issus de la droite et du centre. Le mode de scrutin proportionnel favorise les alliances, mais les divisions actuelles compliquent les négociations.
En 2020, la droite avait remporté trois des cinq sièges à pourvoir. Cette année, deux sièges sont en jeu, ce qui rend chaque voix cruciale. La gauche, bien que minoritaire, espère capitaliser sur les fractures de la droite. « Nous avons une opportunité si la droite continue à se déchirer », affirme un responsable local du Parti socialiste.
Les réactions des principaux intéressés
Éric Ciotti a officialisé sa candidature le 10 juin, déclarant vouloir « porter la voix de la droite républicaine et des territoires ». Il a reçu le soutien de plusieurs maires de l'arrière-pays niçois, mais fait face à l'hostilité de certains élus du littoral. Michèle Tabarot, quant à elle, a appelé à l'unité, estimant que « les divisions affaiblissent notre camp et profitent à nos adversaires ».
Le sénateur sortant Jean-Pierre Leleux, qui ne se représente pas, a apporté son soutien à Tabarot, tandis que l'ancien ministre Christian Estrosi, maire de Nice, reste prudent. « Je ne prendrai pas parti publiquement pour ne pas fragiliser la majorité municipale », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Un scrutin sous surveillance
Le scrutin se déroulera dans un climat de méfiance, après des accusations de fraudes lors des dernières élections municipales à Nice. La préfecture a renforcé les contrôles, et des observateurs indépendants seront présents. « Nous veillerons à ce que le vote se déroule dans la transparence », assure le préfet des Alpes-Maritimes.
Les résultats sont attendus dans la soirée du 27 juin. Ils pourraient avoir des répercussions au niveau national, notamment pour la direction de LR, déjà affaiblie par les récents revers électoraux. « Une défaite de Ciotti serait un nouveau coup dur pour le parti », conclut un analyste politique.



