La fresque monumentale de Keith Haring, intitulée « La vie du Christ », installée dans l’église Saint-Eustache à Paris, a retrouvé toute sa luminosité après une restauration d’un an. L’œuvre, créée en 1987 par l’artiste américain, avait été endommagée par le temps et les conditions environnementales.
Une restauration minutieuse
La restauration a été confiée à l’atelier de restauration de la ville de Paris, dirigé par la conservatrice-restauratrice Marie-Hélène de La Mure. Selon elle, « le travail a consisté à nettoyer les saletés superficielles, à consolider les zones fragilisées et à réintégrer les lacunes chromatiques ». L’intervention a duré près de douze mois, avec une équipe de cinq restaurateurs.
Les détails de l’œuvre
La fresque, mesurant 12 mètres de long sur 4 mètres de haut, représente les grandes étapes de la vie du Christ, de la Nativité à la Résurrection, dans le style caractéristique de Haring : des silhouettes noires aux contours nets sur fond blanc, ponctuées de touches de rouge, jaune et bleu. L’œuvre a été offerte par l’artiste à l’église Saint-Eustache en 1987, quelques années avant sa mort en 1990.
Un impact sur la fréquentation
Depuis la réouverture de la fresque au public, la fréquentation de l’église a augmenté de 30 % selon les responsables du lieu. Le père Jean-Pierre Lemaire, curé de Saint-Eustache, a déclaré : « Cette restauration redonne toute sa force à l’œuvre et attire un public nouveau, souvent jeune, qui découvre à la fois l’art de Keith Haring et le message chrétien. »
Un symbole de dialogue entre art et foi
L’œuvre de Haring, connu pour son engagement contre le sida et pour les droits civiques, s’inscrit dans une démarche de dialogue entre l’art contemporain et la spiritualité. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque émérite de Paris, avait soutenu le projet initial en 1987, voyant dans cette fresque « une expression moderne de la foi ». Aujourd’hui, la restauration permet de pérenniser ce témoignage unique.
Des financements variés
Le coût total de la restauration s’élève à 150 000 euros, financés à parts égales par la mairie de Paris, le ministère de la Culture et des mécènes privés. Une souscription publique avait également été lancée, récoltant 20 000 euros. La fresque est désormais visible tous les jours, de 9h30 à 19h, dans la chapelle latérale de l’église.



