Depuis décembre dernier, Laila, une Marseillaise de 38 ans, propose des séances de papouilles à des femmes à Marseille et dans ses environs. Elle aimerait un jour en faire son activité à plein temps. Ces séances, qui consistent en des caresses douces avec les mains, les ongles ou parfois des objets comme une brosse à cheveux, visent à offrir un moment de détente et de déconnexion.
Une inspiration venue de son père et des réseaux sociaux
L'idée de se lancer dans les papouilles a germé dans l'esprit de Laila après avoir vu des vidéos venues des États-Unis et du Mexique, où cette pratique est déjà largement démocratisée. En France, le phénomène est encore peu répandu. Mais c'est surtout le combat de son père contre un cancer qui l'a poussée à agir. En juillet 2024, Laila apprend que son père est atteint d'un cancer. Pendant près d'un an, elle l'accompagne dans cette épreuve, se sentant souvent impuissante face à la maladie.
« Cette maladie brûle tellement de l'intérieur que, quand on accompagne quelqu'un, on se sent inutile. On ne sait pas quoi faire pour soulager la personne », confie-t-elle. Les papouilles ont alors pris le relais : « Ce qui marchait plutôt bien avec mon papa, c'était ça », dit-elle.
Des séances de 30 à 60 minutes à 65 euros de l'heure
Laila propose des séances allant de 30 à 60 minutes, au tarif de 65 euros de l'heure. Elle présente son activité sur les réseaux sociaux, notamment via son compte Instagram « Cocon&Papouilles », et la développe à son rythme, principalement le week-end, sans vouloir en faire une « usine ». Au départ, son entourage était sceptique : « On me disait un peu : 'C'est quoi, ce délire ?' », raconte-t-elle.
Pour Laila, ces séances évoquent les souvenirs d'enfance et permettent de « se déconnecter de notre vie d'adulte qui nous demande trop de responsabilités ». Elle cite même une scène de la série Malcolm, où la mère Loïs trouve un moment de répit grâce à un massage, pour illustrer ce que recherchent les adeptes.
Un engouement croissant, notamment des hommes
Au fil du temps, les demandes se multiplient. Laila observe que les hommes sont de plus en plus nombreux à réserver une séance, non pas pour eux, mais pour leur compagne. « Il y a un truc qui tourne dans l'air. Je pense qu'ils veulent faire une pause », plaisante-t-elle. Cette tendance laisse présager un avenir prometteur pour son activité, qu'elle espère un jour exercer à plein temps.



