Le journal Le Monde a publié, samedi 8 août, une enquête révélant que la ville de Saint-Tropez servait de lieu de prédation sexuelle à Jeffrey Epstein. Le financier américain, décédé en 2019, y aurait organisé une partie de son réseau de trafic sexuel, selon des témoignages et des échanges de courriels.
Des révélations basées sur des rapports policiers
L'enquête s'appuie notamment sur un rapport de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), datant de 2020. Ce document cite Saint-Tropez comme l'un des lieux où Epstein et son associé Jean-Luc Brunel, décédé en 2022, recrutaient et agressaient des jeunes femmes. Virginia Giuffre, l'une des premières victimes à avoir brisé l'omerta, a déclaré aux enquêteurs avoir été contrainte par Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell à avoir des relations sexuelles avec Jean-Luc Brunel dans un hôtel de la ville.
Des témoignages accablants
Une Française, qui avait déjà témoigné avoir été violée par Epstein en 2001, a également raconté aux policiers sa rencontre avec le milliardaire et Maxwell à Saint-Tropez à la fin des années 1990. Ces témoignages s'ajoutent à d'autres éléments, comme les nombreux allers-retours d'Epstein dans la cité varoise, ses participations à des fêtes d'anniversaire, ou encore des échanges de locations de villas.
Des e-mails révélateurs
Le quotidien rapporte notamment un e-mail envoyé par Epstein à un dirigeant italien, daté du 15 juillet, dans lequel il évoque une « Ladies party » organisée par Goga Ashkenazi, une femme d'affaires kazakhe, à Saint-Tropez. Il écrit : « Tu veux venir ? J'y vais avec Beth, la mannequin de New York, et une de ses copines. Il y aura plein de filles. Ciao. » Ce message illustre la manière dont Epstein utilisait son réseau pour attirer de jeunes femmes dans des soirées privées.
Un réseau international démantelé
Ces révélations interviennent alors que la justice française poursuit ses investigations sur le réseau français d'Epstein. Le parquet de Paris a récemment annoncé la réanalyse du dossier de Jean-Luc Brunel, décrit comme « celui qui acheminait des jeunes filles » au pédocriminel. Une dizaine de nouvelles victimes ont été identifiées par les enquêteurs, et plusieurs suspects de son réseau français doivent être entendus prochainement.
Des victimes qui témoignent
L'affaire Epstein continue de secouer le monde entier. Récemment, de nouveaux documents ont été rendus publics, dans lesquels une femme accuse Donald Trump d'agression sexuelle sur sa personne alors qu'elle avait 13 ans. Par ailleurs, l'ex-mannequin qui accuse Daniel Siad, recruteur de mannequins soupçonné d'avoir été un rabatteur pour Epstein, a livré un témoignage poignant : « Ce soir-là, dans ce cabanon, il m'a violée. »
La réaction de Jack Lang
L'ancien ministre de la Culture Jack Lang, cité dans des documents liés à l'affaire, a fermement démenti être un ami d'Epstein. Il a dénoncé une « campagne de calomnies » et exprimé son « ras-le-bol » face aux accusations indirectes.
L'enquête du Monde met en lumière l'étendue du réseau d'Epstein, qui s'étendait bien au-delà des États-Unis, jusqu'aux rivages ensoleillés de la Côte d'Azur. Les autorités françaises continuent de travailler pour faire toute la lumière sur ces agissements et traduire les responsables en justice.



