Les exportations des vins de Bordeaux continuent de s'effriter, selon les derniers chiffres des Douanes repris par l'Agreste. À fin février 2026, avec plus de 1,35 million d'hectolitres et 1,9 milliard d'euros sur douze mois, les ventes à l'étranger reculent de 8% en volume et de 9% en valeur par rapport à l'année précédente. C'est la première fois depuis 2016, hors crise Covid, que la barre des 2 milliards d'euros est franchie à la baisse, et les volumes exportés sont au plus bas depuis 2017.
Une chute spectaculaire aux États-Unis
Le marché américain, deuxième débouché des vins de Bordeaux avec 285 millions d'euros, subit une baisse de 40% de son chiffre d'affaires entre mars 2025 et février 2026, pour une diminution de 10% des volumes. Cette chute est directement liée aux droits de douane imposés par l'administration Trump sur les vins et champagnes français. Le boycott des vins américains par les Canadiens, qui profite aux vins de Bordeaux (+11% en volume, +18% en valeur), ne compense que partiellement cette perte (79 millions d'euros en 2025).
Baisse également en Chine et au Japon
La tendance ne se limite pas aux États-Unis. En Chine, premier marché d'exportation avec 313 millions d'euros, les exportations chutent de 22% en valeur et de 30% en volume. Au Japon, septième marché étranger, les baisses sont de 6% en valeur et 8% en volume. En Belgique, cinquième marché, elles atteignent 8% en valeur et 13% en volume.
Des signaux contrastés en Europe
Si les marchés allemand (6e), britannique (3e) et suisse (4e) baissent en volume (respectivement -15%, -6% et -3%), leur chiffre d'affaires progresse : +10% en Allemagne, +1% au Royaume-Uni et +6% en Suisse. Cependant, le marché européen dans son ensemble reste difficile, avec une baisse de 11% en volume et de 6% en valeur.
Des perspectives moroses
L'Agreste estime que les perspectives ne sont guère meilleures, en raison du conflit américano-iranien qui rend les marchés atones, d'une conjoncture climatique aléatoire et des tensions géopolitiques. La filière bordelaise, marquée par des campagnes d'arrachage de vignes et une déconsommation continue, cherche des solutions pour relancer la machine.



