Fibre Excellence à Tarascon : les salariés espèrent un miracle
Fibre Excellence à Tarascon : l'espoir des salariés

Les salariés de l'usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône) retiennent leur souffle. Alors que la direction a annoncé en juin dernier son intention de fermer le site, les 330 employés espèrent toujours un miracle : la reprise de l'usine par un repreneur. Les négociations se poursuivent, mais le temps presse.

Une fermeture annoncée, un espoir maintenu

L'usine de pâte à papier, qui produit 300 000 tonnes par an, est l'un des principaux employeurs de la région. La direction invoque des difficultés économiques, notamment la hausse des coûts de l'énergie et la concurrence internationale. Mais les salariés, soutenus par les élus locaux, refusent de baisser les bras. Ils ont organisé plusieurs actions, dont un blocage du site, pour attirer l'attention des pouvoirs publics.

« On ne lâche rien. On a encore de l'espoir, car des repreneurs potentiels se sont manifestés », confie Jean-Marc, délégué syndical CGT. Selon lui, deux candidats à la reprise seraient en lice, mais les discussions sont complexes. « Il faut que le gouvernement mette la pression sur la direction pour qu'elle accepte de vendre à un prix raisonnable. »

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Un impact économique et social majeur

La fermeture de l'usine aurait des conséquences désastreuses pour Tarascon et ses environs. Outre les 330 emplois directs, ce sont près de 1 000 emplois indirects qui seraient menacés (sous-traitants, transporteurs, etc.). La ville, déjà touchée par un taux de chômage élevé, redoute une crise sociale.

Le maire de Tarascon, Lucien Limousin, a écrit au ministre de l'Économie pour demander une intervention de l'État. « Il en va de la survie de notre territoire. Nous demandons que toutes les solutions soient étudiées, y compris une nationalisation temporaire si nécessaire », a-t-il déclaré.

Des négociations sous tension

Les négociations entre la direction, les repreneurs potentiels et les syndicats se poursuivent. La direction a fixé un ultimatum : trouver un accord avant la fin du mois d'août, sinon le site sera définitivement fermé. Les salariés, eux, demandent des garanties sur le maintien de l'emploi et des investissements pour moderniser l'usine.

« Nous sommes prêts à faire des efforts, mais nous ne voulons pas d'un repreneur qui casse les acquis sociaux », explique Sophie, déléguée FO. Les syndicats réclament également un plan de départs volontaires si la fermeture était inévitable, mais ils préfèrent évidemment une reprise.

Une mobilisation qui ne faiblit pas

La mobilisation des salariés ne faiblit pas. Des rassemblements sont prévus chaque jour devant l'usine, et une pétition en ligne a recueilli plus de 15 000 signatures. Les habitants de Tarascon soutiennent massivement les salariés, conscients de l'importance de l'usine pour l'économie locale.

« Cette usine, c'est l'histoire de notre ville. Mon père y a travaillé, moi aussi. Je ne peux pas imaginer qu'elle ferme », témoigne un ancien salarié. Les élus locaux, de tous bords politiques, ont appelé à une réunion de crise avec le préfet.

Quelles solutions pour l'avenir ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour sauver le site : la conversion vers la production de papier recyclé, la diversification vers la biomasse, ou encore le rachat par un fonds d'investissement. Mais ces solutions nécessitent des investissements importants et du temps, que les salariés n'ont peut-être plus.

Le gouvernement, de son côté, affirme suivre le dossier de près. Le ministère de l'Économie a indiqué qu'une mission de médiation avait été confiée à un expert, afin de faciliter les discussions. « Nous sommes mobilisés pour trouver une solution industrielle durable », a déclaré le ministre dans un communiqué.

En attendant, les salariés de Fibre Excellence vivent dans l'angoisse. Chaque jour compte, et l'issue reste incertaine. « On espère que la raison l'emportera. On veut juste travailler », conclut Jean-Marc.

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