Attaque déjouée contre une base militaire en Angleterre : cinq suspects en garde à vue
Attaque déjouée contre une base militaire en Angleterre

La police antiterroriste britannique interroge lundi cinq hommes soupçonnés de préparer un « acte terroriste » contre la base de la Royal Air Force de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre, utilisée par l'armée américaine dans le cadre de sa guerre contre l'Iran. Les suspects, arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche, peuvent être maintenus en garde à vue jusqu'à 14 jours sans inculpation, conformément à la loi antiterroriste.

Une alerte donnée par une agricultrice

Une agricultrice a indiqué avoir appelé la police dans la nuit de samedi à dimanche pour signaler « trois véhicules suspects qui semblaient se diriger vers la base ». Témoignant lundi matin sur la BBC, elle a raconté avoir vu « un groupe d'hommes masqués » alors qu'elle rentrait de soirée. « J'ai compris que quelque chose de très inhabituel était en train de se passer », a-t-elle déclaré.

« Étant consciente de l'existence d'une menace pour la sécurité de la base, j'ai immédiatement appelé la police du ministère de la Défense. Le téléphone a sonné dans le vide et personne n'a répondu », a poursuivi cette femme, qui n'a pas donné son nom. Elle a ensuite téléphoné à la police. « Il semble que quelqu'un ait gravement failli à sa tâche dans cette affaire », a-t-elle critiqué. Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a salué la réactivité de cette femme, tout en assurant qu'elle n'avait toutefois « qu'une vision partielle de la situation ».

Une enquête sur une possible implication de l'Iran

Plus de 80 foyers ont été évacués autour de la base, et leurs habitants n'avaient pas pu rentrer chez eux lundi matin. Des équipes de déminage ont inspecté la zone, et un cordon de sécurité a été mis en place. Selon le Times, des renseignements faisant état d'une menace visant des bases militaires avaient conduit à un renforcement des mesures de sécurité, notamment à Fairford.

Interrogé dans la nuit de dimanche à lundi sur les suspects, le président américain Donald Trump a déclaré : « Nous savons tout d'eux, et vous en entendrez parler très bientôt ». Il avait plus tôt affirmé : « On enquêtait sur eux. Ils voulaient faire de gros dégâts à notre base, et travailler avec les Britanniques a super bien fonctionné ».

Londres a déjà accusé l'Iran et la Russie d'utiliser des intermédiaires pour mener des activités criminelles sur le territoire britannique. Selon le Telegraph, la police « soupçonnerait l'Iran d'être l'acteur étatique le plus susceptible d'être à l'origine » de ce projet d'attaque. Interrogé sur la possibilité qu'un État étranger hostile soit responsable, Wes Streeting a dit lundi qu'il ne souhaitait « pas spéculer à ce stade de l'enquête ».

La base de Fairford, un point d'appui stratégique

En mars, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser la base de Fairford pour des « opérations défensives spécifiques visant l'Iran », afin de détruire des missiles iraniens. Depuis, des bombardiers et d'autres appareils américains ont été vus en train de décoller et d'atterrir à Fairford. En juillet, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient averti que toute base utilisée pour lancer des attaques contre l'Iran constituerait une « cible légitime », selon le Telegraph.

La base de Fairford sert de point d'appui à l'armée de l'air américaine depuis la guerre froide. Elle a déjà été utilisée par l'armée américaine pour des opérations lors de la guerre du Golfe au début des années 90 et de la guerre en Irak de 2003. L'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités et les éventuels commanditaires de ce projet d'attaque.