Cuba lance des réformes pour ouvrir davantage son économie au secteur privé
Cuba lance des réformes pour ouvrir son économie au privé

Le gouvernement cubain a dévoilé ce jeudi un ensemble de réformes économiques destinées à ouvrir davantage l'économie au secteur privé, une première depuis l'arrivée au pouvoir de Miguel Díaz-Canel. Ces mesures, qui entreront en vigueur dans les prochains mois, visent à assouplir les contrôles étatiques et à stimuler une économie en proie à une grave crise.

Un assouplissement des règles pour les entreprises privées

Parmi les principales annonces, les autorités cubaines ont décidé d'élargir la liste des activités autorisées au secteur privé, qui pourra désormais opérer dans des domaines jusqu'ici réservés à l'État, tels que la construction, les transports ou encore certaines industries légères. De plus, les petites et moyennes entreprises (PME) pourront embaucher jusqu'à 100 employés, contre 50 auparavant, et les seuils de chiffre d'affaires seront relevés.

Des mesures pour attirer les investissements étrangers

Le gouvernement a également annoncé une simplification des procédures pour les investissements étrangers, avec la création d'un guichet unique et des garanties renforcées pour les investisseurs. Les entreprises étrangères pourront désormais détenir jusqu'à 100 % du capital dans certains secteurs, contre 49 % auparavant. Ces réformes s'inscrivent dans le cadre de la nouvelle loi sur les investissements étrangers, adoptée en 2024.

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Un contexte de crise économique aiguë

Cuba traverse sa pire crise économique depuis les années 1990, avec une inflation galopante, des pénuries de produits de première nécessité et une chute du PIB estimée à 10 % en 2025. Les réformes annoncées sont perçues comme une tentative de relancer une économie asphyxiée par les sanctions américaines et les inefficacités du système centralisé.

Des réactions mitigées

Si les milieux d'affaires cubains accueillent favorablement ces mesures, certains économistes restent prudents. « Ces réformes vont dans la bonne direction, mais elles sont insuffisantes pour résoudre les problèmes structurels de l'économie cubaine », estime Juan Carlos Sánchez, économiste à l'Université de La Havane. De son côté, l'opposition politique dénonce des « demi-mesures » qui ne remettent pas en cause le monopole de l'État sur les secteurs stratégiques.

Le gouvernement cubain assure que ces réformes sont compatibles avec le maintien du système socialiste et qu'elles visent à « perfectionner le modèle économique cubain ». Les premières évaluations de l'impact de ces mesures sont attendues dans les six mois.

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