Les différences sont minimes entre le Rapport d’orientation budgétaire (ROB), étudié avant les municipales, et le budget primitif, soumis jeudi 30 avril à l’appréciation des élus communautaires du Grand Villeneuvois. Les débats se sont pourtant prolongés. Une semaine après l’installation du nouveau conseil, la délibération a permis une grosse mise à plat, le président Lepers répondant aux nombreuses interrogations de ses opposants villeneuvois, tout en veillant à éviter de « jouer un remake du conseil municipal » devant les représentants des 18 autres communes.
Le budget primitif, présenté par André Forget, repose sur des ratios de pilotage conformes à l’orthodoxie budgétaire et prévoit un maintien des taux d’imposition. Sur celui-ci, assure le maire de Sainte-Livrade, « pas d’inquiétudes à avoir ». Les suivants, en revanche, « pourraient être soumis à des difficultés supplémentaires. » Les inconnus de ce « budget de transition » sont multiples. La situation nationale et les tensions internationales comptent parmi elles.
Des fragilités économiques locales
Localement, le président Lepers a évoqué « une situation correcte qui ne doit pas conduire au relâchement » et appelé à la lucidité : « Notre territoire présente certaines fragilités économiques qu’il faut avoir en tête car elles pourraient demain avoir des conséquences importantes sur nos ressources et marges de manœuvre. » Il n’a pas prononcé le nom de Gifi, à la différence de son opposant du RN, le professeur Gary, catégorique : « Le siège Gifi disparaîtra tôt ou tard. »
1,23 million d’euros de recettes liées à Gifi
De ces murs, rien ne filtre officiellement. L’ancien parlementaire assure avoir fait son possible pour garantir la pérennité de son ancien employeur. Le nouveau président de l’Agglo assure ne pas en savoir plus que les bruits qui courent. Des bruits inquiétants. « Gifi n’est pas la seule entreprise en difficulté », a-t-il ajouté. L’entreprise n’est pas qu’un poids lourd en termes d’emplois. En retombées économiques, son activité représente un total de 730 000 euros de recettes pour l’Agglomération, 500 000 pour Villeneuve-sur-Lot…
« Les budgets suivants pourraient être soumis à des difficultés supplémentaires »
Gifi fait battre le cœur de la bastide, comme doit le faire un jour le projet Saint-Cyr. D’ici vingt ans ? « La priorité, une fois la vente signée, sera de le sécuriser. Une fois propriétaire, on peut y envoyer la police municipale, mettre des caméras… » Restera ensuite à croiser les doigts pour que les partenaires qui se disent aujourd’hui prêts à accompagner financièrement l’opération, l’État et la Région en tête, soient toujours dans cette optique d’ici quelques mois, voire plus. « Ça peut changer, se méfie le président Lepers. Y aura-t-il le même engouement sur la formation ou les quartiers prioritaires en 2027 ? »
À Saint-Cyr, du très long terme
Soucieux de ne « pas voir une ligne dans le PPI (1) sur le sujet », Thomas Bouyssonnie a alerté sur un « portage financier colossal » pour un tel site et prévenu : « L’EPFL (2) ne fait plus de cadeau. » Un partenariat public-privé pourrait représenter une source de financements, glisse Guillaume Lepers dont « le projet rêvé, dans deux, trois ou quatre mandats » est déjà plus ou moins écrit avec le transfert du campus, la création d’une médiathèque, d’un logement… À une remarque de Geoffroy Gary, il répond : « J’ai entendu pendant la campagne que le projet Saint-Cyr priverait les communes de soutien. C’est totalement faux », assure le président, pressé de réunir le premier bureau des maires.
La gestion des ordures ménagères en question
Ses pairs auront un autre sujet sur lequel s’inquiéter : la gestion des ordures ménagères et la future redevance incitative. Le vice-président aux finances n’en a pas fait un tabou : « Pour la période 2027-2032, ou 2033, il faudra prendre des décisions, peut-être difficiles, en tout cas responsables, sans quoi l’on risque de devenir une agglomération de fonctionnement ». Et d’illustrer ses propos par la fin annoncée de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom) au profit de la redevance incitative : « Elle doit être effective au 1er janvier 2027. Est-ce qu’on l’applique ? Est-ce qu’on attend encore un an ? Plein de conteneurs ne sont pas encore pucés, plein d’habitants ne sont pas encore dotés de badges… » Au prix de la tonne de déchets enfouie et des très faibles améliorations enregistrées sur le tri, le dossier n’est pas des moindres. (1) Plan pluriannuel d’investissement. (2) L’Établissement public foncier local de Nouvelle-Aquitaine (EPFL-NA) doit porter le foncier pour le compte de l’Agglomération.



