Nicolas Isnard (LR), président de la métropole Aix-Marseille, navigue en terrain connu. Son budget, lourdement déficitaire de 144 millions d’euros, a été pris en main par l’État après le refus des élus de le voter. Au lendemain de la validation de ce budget par le préfet, il a détaillé son plan pour combler le trou et sonne la charge contre l’État.
Des « versements indus » et des « singeries technocratiques »
« Peut-être l’État a voulu nous diviser, tenter de semer la zizanie entre nous », a pointé l’élu à propos de ces « versements indus ». Des « singeries technocratiques » qui, selon lui, sont un héritage « des mécanismes de compensations de la taxe professionnelle » mis en place par les anciennes intercommunalités, supprimées il y a dix ans lors de la création de la plus grande métropole de France.
Un plan d’économie sans précédent
En annonçant être parvenu à trouver une issue « sans aucune hausse d’impôt », le président de la métropole, élu en avril, a expliqué ce mercredi que le temps gagné en refusant de voter le budget a permis 90 millions d’euros de coupe dans le budget de fonctionnement. « Un plan d’économie sans précédent » qui coupe dans la formation de salariés, le magazine de la métropole et diverses locations.
Les 50 autres millions à trouver seront à répartir entre les 92 communes qui composent la collectivité. C’est donc l’heure des regards en coin entre maires, lesquels se demandent sur qui va retomber la douloureuse. « Il y aura des mécontents », avertit Nicolas Isnard.
Une stratégie déjà employée une fois élu maire
Si pour cette année, la métropole semble sauve, « elle n’est plus viable, prévient-il. Montpellier a voté une hausse de 500 % de ses impôts, Bordeaux est dans le rouge. Partout, les modèles métropolitains s’effondrent et l’État doit entendre ce message ».
En cause : trop peu de recettes après les baisses de dotations de l’État lors des deux dernières lois de finance, pour trop de missions. « Ici, il y a un problème depuis le début : ne sommes-nous pas trop nombreux et trop grands ? Eh bien oui », tranche l’élu, dont l’ancienne agglopole salonaise s’est trouvée absorbée par Aix et Marseille.
Avant d’envisager un éventuel redécoupage du territoire, le président de la métropole a rappelé que cette stratégie de refus de vote du budget, « pour remettre la machine à l’endroit », lui avait souri à son arrivée à la mairie de Salon-de-Provence. « Il y a douze ans, j’avais fait la même chose en arrivant à la mairie et fait réaliser un audit par la Chambre régionale des comptes », a rappelé l’élu.



