Le coordinateur de La France Insoumise, Manuel Bompard, a déclaré ce dimanche qu'une nationalisation du géant pétrolier et gazier TotalEnergies constituerait une option envisageable pour l'État français. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, il a précisé qu'il ne s'agirait pas de racheter la totalité de la capitalisation boursière, évaluée à 174 milliards d'euros, mais plutôt d'investir environ 70 milliards d'euros.
Des dividendes colossaux pour des actionnaires étrangers
Manuel Bompard a souligné que TotalEnergies a distribué 100 milliards d'euros de dividendes au cours des dix dernières années, principalement à des actionnaires anglo-saxons, citant notamment le fonds d'investissement américain BlackRock. Selon lui, une nationalisation serait non seulement envisageable, mais aussi extrêmement rentable pour l'État. « Si vous achetez une entreprise et qu'en moins de 10 ans elle a déjà remboursé le coût de l'achat, c'est plutôt une bonne affaire », a-t-il expliqué.
Un besoin de maîtrise stratégique
Le député insoumis a également insisté sur la nécessité pour l'État d'exercer une maîtrise stratégique sur les groupes pétroliers dans le contexte géopolitique actuel. Cette déclaration intervient alors que TotalEnergies a enregistré des bénéfices records au premier trimestre 2026, atteignant 4,96 milliards d'euros, soit une hausse de 51 % par rapport à l'année précédente, dopée par la flambée des prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient.
La taxe sur les superprofits en débat
Ces résultats records relancent le débat sur l'opportunité de taxer les superprofits. TotalEnergies a prévenu que l'instauration d'une telle taxe compromettrait le maintien du plafonnement des prix des carburants, en vigueur depuis le 8 avril à 1,99 euro par litre d'essence et 2,25 euros par litre de diesel dans toutes ses stations-service en France. Ce plafonnement avait été lancé en 2023, en pleine flambée des prix due à la guerre en Ukraine.



