Bagnols-sur-Cèze : la mairie RN supprime 190 000 € de subvention à un centre social
Bagnols-sur-Cèze : 190 000 € de subvention supprimés à un centre social

Le conseil municipal de Bagnols-sur-Cèze, dominé par le Rassemblement National, a voté jeudi 25 juin la suppression de la subvention annuelle de 190 000 euros destinée à l'association Mosaïque en Cèze. Cette structure gère deux centres sociaux dans la ville : Vigan-Braquet et Les Passerelles sur Cèze, situé dans le quartier des Escanaux. La décision a été prise lors de l'examen du compte financier unique 2025 pour le budget principal.

Une décision justifiée par les finances de la ville

L'adjoint aux finances Denis Daude a expliqué que « au regard de l'état critique des finances de la ville, la collectivité n'est plus en mesure de supporter cette subvention ». Seuls 13 000 euros de subventions engagées dans le cadre du contrat de ville sont maintenus, « afin de permettre à l'association d'obtenir les différentes aides qui lui sont accordées ». Daude a également souligné que la situation bancaire de l'association, qui dispose de 450 000 euros sur son compte, lui permet de continuer à assurer la majorité de ses missions.

L'opposition dénonce un manque de cœur

L'élu d'opposition Christian Gagliardone, de la liste menée par Jérôme Jackel, a vivement réagi : « Vous manquez de cœur madame le maire ! Vous êtes en train de faire mourir cette association. » Il a rappelé le rôle des centres sociaux, qui « évitent que les problèmes arrivent à la police municipale ». La maire RN Pascale Bordes a rétorqué que « l'association n'a pas présenté ses comptes depuis deux ans » et que la ville a choisi de « privilégier des associations qui n'ont pas cette situation financière ». Elle a également critiqué la structure des dépenses de Mosaïque en Cèze, où « 70 % du budget correspond aux salaires, seuls 30 % vont à la solidarité ».

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Le président de l'association alerte sur les conséquences

Au lendemain du conseil municipal, Vincent Poutier, président de Mosaïque en Cèze, a exprimé son inquiétude. « Cette perte représente plus de 20 % de notre budget total. Ça remet en cause l'équilibre de la structure », a-t-il déclaré. Il a précisé que l'association, qui existe depuis plus de trente ans, a toujours été soutenue par la ville, qu'elle soit de gauche ou de droite. « On pensait qu'on perdrait 80 000 euros… On a eu une réunion le 12 juin en mairie, on nous a annoncé qu'on n'aurait rien. C'est violent, il n'y a pas eu de discussion », a-t-il ajouté.

Un fonds de roulement de sécurité

Vincent Poutier a expliqué que les 450 000 euros en banque constituent un fonds de roulement de sécurité, « dans les standards des centres sociaux, on doit avoir entre 4 et 6 mois de fonctionnement devant nous pour survivre ». Quant à la masse salariale, qui représente 72 % des subventions totales (900 000 euros apportés par la Caf, la ville et le Département), il a indiqué que c'est le ratio moyen pour tous les centres sociaux, « très encadré par la Caf ». L'association emploie 13 salariés équivalents temps plein. « Avec la suppression de la subvention, on ne va plus pouvoir recruter et il y a un risque pour les salariés », a-t-il averti.

Un plan de sauvegarde en préparation

Le président a également contesté les déclarations de la maire sur la non-présentation des comptes : « On les a toujours présentés en temps et en heure. » L'association doit désormais mettre en place un plan de sauvegarde dans les dix jours, qui sera présenté lors de son assemblée générale le 8 juillet prochain. Les trois élus d'opposition de la liste de Jérôme Jackel ont voté contre la suppression de la subvention, tandis que Christine Muccio, élue de la liste de l'ancien maire, s'est abstenue.

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