Le gouvernement américain a qualifié de « superficiel » le vaste plan de réformes économiques annoncé par Cuba, estimant qu'il ne va pas assez loin pour répondre aux crises profondes que traverse l'île. Dans une déclaration officielle, le département d'État a souligné que les mesures présentées par La Havane ne s'attaquent pas aux causes structurelles des difficultés économiques, notamment le manque de libertés fondamentales et le contrôle étatique omniprésent.
Un plan jugé insuffisant
Washington a réagi avec scepticisme à l'annonce par le président cubain Miguel Díaz-Canel d'un ensemble de réformes visant à relancer l'économie, frappée par une inflation galopante, des pénuries et un endettement croissant. Les États-Unis estiment que ces mesures, bien que présentées comme audacieuses, restent largement cosmétiques et ne remettent pas en cause le modèle économique centralisé du pays.
Les points de discorde
- Libéralisation insuffisante : Les réformes n'ouvrent pas suffisamment l'économie aux investissements privés et étrangers, selon Washington.
- Manque de transparence : Les autorités cubaines n'ont pas fourni de détails concrets sur la mise en œuvre des réformes.
- Absence de réformes politiques : Les États-Unis lient les progrès économiques à des avancées démocratiques, absentes du plan.
Contexte de tensions
Cette critique intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, malgré un léger assouplissement des sanctions américaines sous l'administration Biden. Cuba, de son côté, accuse Washington de maintenir un embargo économique « criminel » qui entrave son développement. Les réformes annoncées incluent notamment une dévaluation du peso, une réduction des subventions et une ouverture limitée aux petites entreprises privées.
Réactions à La Havane
Le gouvernement cubain a rejeté les critiques américaines, les qualifiant d'ingérence dans les affaires internes du pays. Les autorités affirment que les réformes sont adaptées à la réalité cubaine et qu'elles permettront de stabiliser l'économie tout en préservant les acquis sociaux de la révolution. Des économistes indépendants restent toutefois prudents, estimant que les mesures annoncées pourraient ne pas suffire à sortir le pays de la crise.
Un enjeu géopolitique
Au-delà des aspects économiques, ce différend reflète les divergences profondes entre les deux nations. Les États-Unis conditionnent toute normalisation des relations à des changements politiques majeurs à Cuba, tandis que La Havane exige la levée de l'embargo comme préalable à tout dialogue. Le plan de réformes, bien que modeste, pourrait néanmoins ouvrir la voie à une reprise des discussions, même si les positions restent pour l'instant éloignées.



