La France ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère dans son débat démocratique, a prévenu ce vendredi 7 août le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, alors que trois candidats à l'élection présidentielle ont été la cible de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Le chef de la diplomatie française a dénoncé des « tentatives de falsification de notre débat démocratique via la promotion inauthentique, coordonnée et organisée en ligne de messages pensés et construits à l'étranger ».
Des fake news visant des candidats français
Édouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, tandis que Raphaël Glucksmann (Place publique) a été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée à tort d'avoir soudoyé des médias. Jeudi, c'est Gabriel Attal (Renaissance) qui a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Ces attaques coordonnées interviennent alors que la campagne présidentielle s'annonce déjà très disputée.
En Allemagne, une source sécuritaire a indiqué soupçonner un groupe lié à l'État russe d'être à l'origine d'une vidéo falsifiée annonçant la démission prochaine du chancelier Friedrich Merz. Selon cette source, « l'auteur est probablement Storm-1516 », un groupe qui serait directement piloté par le GRU, les services secrets de l'armée russe. Cette révélation souligne l'ampleur des opérations d'ingérence numérique menées par Moscou contre les démocraties européennes.
Zelensky en Serbie, une première depuis l'invasion
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Belgrade en fin d'après-midi pour une visite historique : c'est la première fois qu'il se rend en Serbie depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. La Serbie est traditionnellement un allié de la Russie, ce qui rend ce déplacement particulièrement symbolique. Zelensky a annoncé d'« importants entretiens » vendredi et samedi avec son homologue serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre serbe Djuro Macut.
« Nous discuterons du renforcement des relations économiques entre nos deux pays, des relations avec l'Union européenne, d'autres domaines qui peuvent bénéficier à nos nations, ainsi que des questions de sécurité », a souligné le président ukrainien. Cette visite constitue une pierre de plus dans le jardin de Moscou, qui voit ses alliés traditionnels se rapprocher de Kiev.
Allemagne : un drone explosif découvert à Leipzig
Les rapports sont orageux entre l'Allemagne, premier soutien européen de l'Ukraine, et la Russie. Le chancelier Friedrich Merz a réuni par téléphone un conseil national de sécurité après la découverte, dans la nuit de mardi à mercredi, d'un drone explosif à l'aéroport de Leipzig, un hub militaire clé pour l'Ukraine et l'Otan. Le drone volait à basse altitude autour d'un avion ukrainien lorsqu'un agent l'a aperçu et s'en est saisi.
Le gouvernement allemand n'a pas désigné de suspects, mais les Verts et les libéraux du FDP, deux partis d'opposition, ont pointé du doigt Moscou. L'ambassade de la Russie à Berlin a réagi ce vendredi soir en qualifiant cette affaire de « provocation montée de toutes pièces » visant à accuser Moscou. « Le principal danger auquel l'Allemagne est confrontée aujourd'hui ne réside pas dans les prétendues "attaques hybrides" de Moscou, qui n'existent pas. Mais dans les politiciens qui élaborent avec enthousiasme des scénarios de guerre imminente avec la Russie », a écrit l'institution sur son site Internet.
Un contexte de tensions croissantes
Cette découverte intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Allemagne et la Russie, alors que Berlin a considérablement augmenté son aide militaire à l'Ukraine. L'aéroport de Leipzig est utilisé comme plateforme de transit pour le matériel militaire destiné à l'Ukraine, ce qui en fait une cible potentielle pour les opérations de sabotage russes.
La réaction de l'ambassade russe, qui nie toute implication et accuse les politiciens allemands de « scénarios de guerre », illustre la rhétorique de plus en plus dure de Moscou. Les autorités allemandes restent prudentes, mais les partis d'opposition exigent une enquête approfondie et des mesures de protection renforcées pour les infrastructures critiques.
Ce 1.625e jour de conflit est marqué par une escalade des tensions sur plusieurs fronts : ingérences numériques, incidents physiques et diplomatie active. La visite de Zelensky en Serbie pourrait ouvrir une nouvelle brèche dans l'influence russe dans les Balkans, tandis que l'Allemagne se prépare à faire face à de nouvelles tentatives de déstabilisation.



