La coalition tchèque pour les munitions à l'Ukraine s'essouffle
Coalition munitions Ukraine : essoufflement

L’initiative menée par la République tchèque, destinée à fournir des munitions à l’Ukraine pour soutenir sa défense contre la Russie, connaît un essoufflement significatif. Selon le Financial Times (FT), la moitié des pays contributeurs aurait quitté la coalition. Seuls neuf pays y participeraient encore, contre dix-huit l’an dernier, a indiqué le président tchèque Petr Pavel au journal britannique.

Un programme lancé en 2024

Lancée en 2024 par l’ancien gouvernement tchèque et l’actuel président pro-européen, cette initiative permet à des entreprises tchèques d’acheter des obus dans le monde entier grâce au financement de pays européens volontaires. L’Allemagne et certains pays nordiques figurent toujours parmi les contributeurs.

Le changement de cap du nouveau Premier ministre

Le nouveau Premier ministre tchèque Andrej Babis, de retour au pouvoir en décembre dernier, a pris ses distances avec le soutien affiché à Kiev par son prédécesseur Petr Fiala. Andrej Babis s’est montré critique envers l’initiative, dénonçant pendant sa campagne électorale un manque de transparence sur l’utilisation des fonds et menaçant même de l’abandonner. Il a également promis de ne pas faire payer les citoyens pour les armes ukrainiennes et privilégie l’aide publique pour les Tchèques confrontés à des dépenses énergétiques élevées en raison de la guerre en Iran, a-t-il déclaré au Financial Times.

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Un désengagement qui refroidit les alliés

Le manque d’engagement affiché par Prague envers l’Ukraine a refroidi certains pays contributeurs. « Certains pays estiment désormais qu’il est étrange de payer pour quelque chose qui n’est même pas véritablement soutenu par les dirigeants politiques du pays chef de file », a expliqué un responsable militaire au Financial Times. Si le président tchèque Petr Pavel n’a pas précisé les pays ayant quitté le programme, la source militaire informe que l’Allemagne et certains pays nordiques seraient toujours de la partie.

Une initiative cruciale pour l’Ukraine

Car les alliés européens le savent, l’initiative pour les munitions est cruciale pour l’Ukraine. Elle « a permis de fournir jusqu’à 50 % de toutes les munitions de gros calibre aux Ukrainiens », rappelle Petr Pavel dans le FT. En deux ans, plus de quatre millions d’obus de gros calibre ont été livrés à Kiev, permettant de réduire l’important écart avec l’artillerie russe. En 2024, 1,5 million d’obus ont été fournis, puis 1,8 million l’année dernière. Pour 2026, 500 000 munitions ont déjà été acheminées vers l’Ukraine, selon le ministère de la Défense tchèque, qui ajoute qu’un million d’autres seront livrées durant l’année.

Des financements encore importants

En octobre 2025, 4,5 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) de dons avaient été récoltés depuis le lancement du programme pour financer l’achat de munitions, selon le gouvernement tchèque. À ce jour, un financement de « près d’un milliard d’euros » a été obtenu pour l’année 2026, souligne le ministère de la Défense.

L’initiative « n’est pas morte »

La cause n’est donc pas définitivement perdue. L’initiative « n’est pas morte, elle fonctionne encore, mais c’est un peu lent », veut croire Michal Strnad, directeur général de Czechoslovak Group, l’un des plus grands producteurs de munitions d’Europe et partenaire du gouvernement tchèque dans cette initiative. Pour lui, même si le programme devait être arrêté, les munitions continueraient d’arriver en Ukraine, les pays européens utilisant des circuits alternatifs et achetant directement aux fournisseurs d’obus sans passer par la case coalition. Selon le président tchèque, cité dans le FT, le sort de l’initiative devrait être au cœur des discussions du sommet de l’Otan à Ankara en Turquie, les 7 et 8 juillet.

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